Heredia voit un barde

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image de Pierrette

J’ai rêvé que j’étais un monstre fier et lourd,
Un étrange animal, peut-être un minotaure,
Ou, dans une forêt, un perplexe centaure
Qui ne sait pour laquelle il se gonfle d’amour,

Ariane ou sa jument. Je suivais un parcours
Semblable au Labyrinthe, et même pire encore,
J’avais soif, à vider les plus vastes amphores,
Mais je n’en avais point. J’avais le souffle court

Et je cherchais en vain à rejoindre ma harde
Qui s’enfuyait au loin, apeurée par un barde
Dont les accents, toujours, dispersaient le bétail.

Soudain, à la sortie du piège inextricable,
Se dresse devant moi le barde-épouvantail :
Tous deux, nous éclatons d’un rire inexplicable.

Cochonfucius

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Coupé mi-parti en chef, d’argent au minotaure lumineux de sable contourné d’azur, de sinople au centaure d’argent aussi, de pourpre au chevalier contourné à l’armure d’argent au sabre d’or  adextré et sénestré de deux lyres d’argent aussi 

Si les bouteilles buvaient

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image de Pierrette

J’ai rêvé que j’errais au fond d’un souterrain,
Et que, l’obscurité n’étant pas la nuit noire,
On pouvait observer, toutes en train de boire,
Des bouteilles auprès des grands tonneaux de vin.

Des bouteilles buvant, quel sujet de chagrin !
Le vin est dangereux, et la chose est notoire.
Il donne à qui l’absorbe une force illusoire
Et fait s’aventurer sur de glissants terrains.

Bouteilles, cessez donc de vous intoxiquer !
La bouteille répond : Non, je vais t’expliquer,
Je ne bois nullement, car, comme tu t’en doutes,

Je n’ai pas de vrai corps, je suis un contenant
Portant un contenu toujours impermanent ;
Laisse-moi te verser un godet pour la route.

Cochonfucius

Minuscule et discret

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image de Pierrette

J’ai rêvé que j’étais, voyageant dans l’espace,
Une étrange entité aux saveurs de néant.
Mille franchissements d’interstices géants
Me faisaient dériver, allant de place en place.

Et je rêvais ainsi, immortel ou fugace,
Ne sachant si j’étais assemblage pesant
Ou simple vibration, murmure évanescent
N’exerçant nulle force et ne laissant de trace.

La chaleur des soleils me tenait en alerte ;
Je traversais aussi des matières inertes,
Et je voyais parfois miroiter des anneaux.

Pourquoi allais-je ainsi de façon subreptice,
Comme sous une porte un insecte se glisse ?
Vous l’aviez deviné, j’étais un neutrino.

Cochonfucius

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De pourpre à la silhouette d’or traversée de neutrinos du champ et de gueules

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Grande sagesse du crocodile

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image de l’auteur

Il n’a pas pu manger les flamants roses,
Ni le taureau qui buvait au ruisseau,
Ni les castors, ni les petits oiseaux,
Ce crocodile, ayant sa gueule close ;

Mais il attend, tranquille, il se repose,
Sans un regard pour nef ou pour vaisseau,
Sans écouter le gazouillis de l’eau,
Ni du têtard voir les métamorphoses.

Il chasse, calme, et sans se hérisser,
Au long des bords de sable tapissés,
Il faut manger, mais pourtant, rien ne presse,

Enfin, il trouve un gibier à son gré,
Poisson d’azur aux petits yeux dorés,
Un de ceux qui d’excréments se repaissent.

Cochonfucius

L’illusion (6)

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Blason d’Urcy (avec retouche)

Le piège de l’illusion

 

Le naïf a substitué l’amour de lui-même
A l’Amour. Refusant l’échange, toutes ses
Capacités passionnelles sont pour lui-même,
Privé de tendresse, il ne sait plus qui il est

Et se conduit comme un rêveur éveillé.
Certes l’imposteur lui renvoie une image
De lui-même qui le rassure, le calme et
le préserve, mais du coup il perd davantage

La raison car il craint de perdre l’imposteur
Qui devient dès lors, le détenteur de sa vie
Ou bien de sa mort. Tout se passe comme si

Le naïf n’avait jamais pu établir le
Contact entre la représentation qu’il se
Fait de lui-même et celle qu’il se fait des autres.

Pierrette

Conclusion sur l’imposteur et le naïf ébloui

 
L’illusion du naïf est de croire pouvoir arrêter la vie et la conserver, il ignore que sa nature est de s’écouler, le naïf se laisse envahir par l’angoisse de mort, l’imposteur entretient cet état.

 

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D’argent à l’ours debout de sable, colleté et langué de gueules, armé du champ, tenant dans les pattes une aigle sur une  tige de d’orangé posé en bande; sur une terrasse de gueules chargée d’une burelle ondée d’argent.

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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