Bélier pensant

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J’énonce des choses brillantes,
Mais sans bien capter leur éclat ;
Un jour, j’ai fait rire un prélat,
Rompant sa pause roupillante.

Dans ces recherches fourmillantes
Souvent mon esprit s’emballa ;
Ma tranquillité s’en alla,
Ma raison devint boitillante.

Les brebis de ma bergerie
N’aiment pas trop me voir ainsi,
Tel un loup de ménagerie.

Les agneaux se plaignent aussi ;
Je retourne à ma songerie,
Sans rien en dire de précis.

Cochonfucius

Bel oiseau noir

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Agréable est mon apparence,
C’est comme un habit de danseur ;
Je ne suis pas un grand penseur
Mais bon, j’échappe à l’ignorance.

De tout travail je me dispense,
Tu peux donc m’appeler glandeur ;
Ça n’ôte rien à ma grandeur,
Qui mes petits défauts compense.

Je suis un bel oiseau d’antan
Mais je n’atteindrai pas cent ans ;
Mes vieux jours sont des jours précaires.

J’attends le verdict sans frémir,
Car je suis prêt à m’endormir
Sous une dalle de calcaire.

Cochonfucius

Fleur blanche

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Je ne suis qu’une fleur sans gloire,
Personne ici ne me connaît ;
Rien sur moi, pas même un sonnet,
Mon inexistence est notoire.

De moi, ne garde pas mémoire,
Car je suis un être imparfait ;
Je ne sais rien faire, en effet,
Je suis une fleur sans histoires.

Je meurs sans faire de manières,
Chacun devrait mourir ainsi ;
Sereine soit l’heure dernière.

Tu as ton verre sur la table,
Ton domicile est confortable ;
On meurt tranquille, par ici.

Cochonfucius

Temple vermoulu

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Ici le temps va s’écoulant,
Lui qui peut ternir les icônes ;
Le Seigneur vieillit sur son trône,
Toujours plus rarement parlant.

Je vois les démons pullulants,
C’est une lamentable faune ;
Cet endroit devient une zone
Abritant d’assez mauvais plans.

Un démon, je te le rappelle,
N’est autre qu’un ange rebelle ;
Dieu, peut-être, le sauvera.

Ainsi passeront mille années,
Au déclin toujours condamnées :
Malgré ça, notre espoir vivra.

Cochonfucius

Poissons d’inframonde

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Nous sommes deux poissons d’enfer,
Dont trop amères sont les ondes ;
Cette mer en pièges abonde,
Aussi nous gardons l’oeil ouvert.

Des tritons aux tridents de fer
Fouillent notre corps et le sondent ;
Ces atteintes qui sont profondes,
Nous en souffrons dans note chair.

Nous ne mangeons rien, c’est la dèche,
Car de chasser on nous empêche ;
Sachez que ce n’est pas marrant.

Pitié pour notre âme outragée:
Qui par le mal est ravagée ;
Nous sommes deux tristes harengs.

Cochonfucius

Boire au calice

image de l’auteur

C’est un étrange enchantement
Sur lequel les dieux font silence ;
Quelle est de ce vin la puissance ?
Que m’apportera-t-il, vraiment ?

J’interroge le firmament
Qui, peut-être bien, s’en balance ;
Je ressens cette indifférence
Et je passe un mauvais moment.

Boire un tel vin, c’était mon rêve,
Pour en faire une ardente sève ;
Mais je ne sais plus où j’en suis.

Vais-je boire l’eau de mon puits ?
J’en ai pris, mon âme s’élève,
Je me calme, j’attends la nuit.

Cochonfucius

Monstre frimeur

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Ceux qui lisent me chanteront,
Car ils proclameront ma gloire ;
Ils diront mes grandes victoires
Et, bien sûr, ils les vanteront.

En entendant ce qu’ils diront,
Tu comprendras qu’il faut le croire ;
Avec ces gens tu pourras boire,
Eux qui bien te divertiront.

Je suis très fort, je peux le dire
Et je ne le dis pas pour rire ;
Certains riront, je le sais bien.

J’entonne ma propre louange
Et la rediront tous les anges ;
Le reste, je n’en pense rien.

Cochonfucius

Fruit volumineux

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Admirable est mon épaisseur,
Je ne suis donc nullement frêle ;
Ma robustesse intemporelle
S’harmonise avec ma douceur.

Ça ne vient pas d’un professeur,
C’est ma substance naturelle ;
De quoi charmer les pastourelles,
Tout autant que leurs confesseurs.

Nulle substance n’est perdue
Dans ces profondes étendues ;
On garde les neiges d’antan.

De tout ça je n’ai point mémoire,
Ce n’est pas moi qui fais l’histoire,
C’est un prosateur repentant.

Cochonfucius

Grenouille sentencieuse

image de l’auteur

Si je m’exprime en paraboles,
C’est pour accroître ton savoir ;
Mais j’évite les hyperboles
Qui ne peuvent que décevoir.

Je n’ai jamais séché l’école
Pour traverser aucun miroir ;
Je n’aime pas ces jeux frivoles,
Ni les intrigues de couloir.

Mais je crois aux pouvoirs du rêve,
Même à des fulgurances brèves ;
Bien souvent, je ferme les yeux.

Jamais je ne fus cénobite,
Modeste est l’endroit que j’habite,
Il n’y a pas foule en ce lieu..

Cochonfucius

Dame qui verse à boire

image de l’auteur

Près d’un buveur elle s’empresse,
Il a ce qu’il peut désirer ;
La dame ignore la paresse
Ses jours sont sagement gérés.

Abreuvé par l’enchanteresse,
Le poète peut délirer ;
La taverne est sa forteresse,,
C’est là qu’il se sent inspiré.

Cet homme n’écrit pas sans boire ;
Il peut s’abreuver sans déboires,
Savourant l’écume des jours.

Tavernière jamais distraite,
Prends soin de cet anachorète ;
Tu es son ultime recours.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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