Boire au calice

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C’est un étrange enchantement
Sur lequel les dieux font silence ;
Quelle est de ce vin la puissance ?
Que m’apportera-t-il, vraiment ?

J’interroge le firmament
Qui, peut-être bien, s’en balance ;
Je ressens cette indifférence
Et je passe un mauvais moment.

Boire un tel vin, c’était mon rêve,
Pour en faire une ardente sève ;
Mais je ne sais plus où j’en suis.

Vais-je boire l’eau de mon puits ?
J’en ai pris, mon âme s’élève,
Je me calme, j’attends la nuit.

Cochonfucius

Monstre frimeur

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Ceux qui lisent me chanteront,
Car ils proclameront ma gloire ;
Ils diront mes grandes victoires
Et, bien sûr, ils les vanteront.

En entendant ce qu’ils diront,
Tu comprendras qu’il faut le croire ;
Avec ces gens tu pourras boire,
Eux qui bien te divertiront.

Je suis très fort, je peux le dire
Et je ne le dis pas pour rire ;
Certains riront, je le sais bien.

J’entonne ma propre louange
Et la rediront tous les anges ;
Le reste, je n’en pense rien.

Cochonfucius

Fruit volumineux

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Admirable est mon épaisseur,
Je ne suis donc nullement frêle ;
Ma robustesse intemporelle
S’harmonise avec ma douceur.

Ça ne vient pas d’un professeur,
C’est ma substance naturelle ;
De quoi charmer les pastourelles,
Tout autant que leurs confesseurs.

Nulle substance n’est perdue
Dans ces profondes étendues ;
On garde les neiges d’antan.

De tout ça je n’ai point mémoire,
Ce n’est pas moi qui fais l’histoire,
C’est un prosateur repentant.

Cochonfucius

Grenouille sentencieuse

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Si je m’exprime en paraboles,
C’est pour accroître ton savoir ;
Mais j’évite les hyperboles
Qui ne peuvent que décevoir.

Je n’ai jamais séché l’école
Pour traverser aucun miroir ;
Je n’aime pas ces jeux frivoles,
Ni les intrigues de couloir.

Mais je crois aux pouvoirs du rêve,
Même à des fulgurances brèves ;
Bien souvent, je ferme les yeux.

Jamais je ne fus cénobite,
Modeste est l’endroit que j’habite,
Il n’y a pas foule en ce lieu..

Cochonfucius

Dame qui verse à boire

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Près d’un buveur elle s’empresse,
Il a ce qu’il peut désirer ;
La dame ignore la paresse
Ses jours sont sagement gérés.

Abreuvé par l’enchanteresse,
Le poète peut délirer ;
La taverne est sa forteresse,,
C’est là qu’il se sent inspiré.

Cet homme n’écrit pas sans boire ;
Il peut s’abreuver sans déboires,
Savourant l’écume des jours.

Tavernière jamais distraite,
Prends soin de cet anachorète ;
Tu es son ultime recours.

Cochonfucius

Un coq en hiver

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La saison sera sans clémence,
Aussi j’en serai maltraité ;
Puissé-je avec sérénité
Faire un effort d’accoutumance.

L’hiver s’en vient, l’hiver commence,
Les astres perdent leur clarté ;
Le temps semble s’être arrêté,,
Que ne puis-je entrer en dormance.

Je dois vivre, je dois durer,
Pourtant j’en suis mal assuré ;
Mon âme est parfois triste et lasse.

Penser ne m’est d’aucun secours,
Mais je n’ai pas d’autre recours ;
J’attends. J’attends que l’hiver passe.

Cochonfucius

Quartefeuille muette

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Je n’userai d’aucun symbole,
Je garde un silence de mort ;
Je laisse végéter mon corps
Sans lui accorder la parole.

Tu me dis que ça te désole,
Tu prétends même que j’ai tort ;
Ça ne me donne nul remords,
Car tes arguments sont frivoles.

Tu n’entendras donc plus ma voix,
Pas même trois ou quatre fois ;
La perte ne sera pas grande.

Je laisse advenir mon trépas,
J’ignore les autres demandes ;
Voilà tout, je n’insiste pas.

Cochonfucius

Arbre de mémoire

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Moi, je retiens les noms des choses,
Ceux qui sont longs, ceux qui sont courts ;
Je retiens même des discours
Et quelques passages de prose.

J’ai noté ce qu’ont dit les roses
Qui se fanèrent tour à tour ;
Je me souviens de leurs atours
Au jour qu’elles furent écloses.

Je me tais. Le silence est d’or ;
Ce mutisme n’est pas stupide,
C’est la sagesse d’un coeur vide.

Je me souviens de plusieurs morts,
Peut-être même d’un suicide ;
Je sais que fragile est mon corps.

Cochonfucius

Monstre danseur

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Je suis moi-même quand je danse,
Et tu n’y pourras rien changer ;
J’oublie la vie et ses dangers,
J’oublie toutes les évidences.

Mes sensations deviennent denses
Comme quand j’allais vendanger ;
Je ne veux pas les engranger
Ni leur offrir de résidence.

Ma voix ne veut nul auditeur
Ni mes écrits nul éditeur ;
Je suis un vivant sans histoire.

Mon programme ne varie pas ;
Après la danse, le repas
Dans un modeste réfectoire.

Cochonfucius

Fleurs oubliées

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Sans surprise fut notre sort,
Vie nullement originale ;
Voici l’étape terminale,
Voici que notre ego s’endort.

Que saurons-nous de notre mort ?
C’est une chose bien normale ;
Végétale comme animale,
La vie doit délaisser le corps.

Que notre peur soit abolie ;
Cette frayeur n’est pas jolie,
Elle est plutôt de mauvais goût.

Un grand ouroboros s’enroule
Autour de la tour qui s’écroule,
De la poussière, et puis c’est tout.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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