Amiral au masque d’or

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Mon grand-oncle amiral, un fantôme que j’aime,
Dort sous son masque d’or au pénétrant regard ;
Même si ce n’est pas une grande œuvre d’art,
Cela mérite bien que j’écrive un poème.

Mais aurais-je voulu être amiral, moi-même?
Non, jamais mon cursus ne prit un tel départ,
Et je n’ai nul regret, à présent qu’il est tard,
De n’avoir point cueilli la gloire et ses emblèmes ;

Pour goûter de la mer la grâce et la beauté,
Nul besoin de voguer en une escadre fière ;
Car il vaut mieux garder sa liberté entière.

Ainsi, bel amiral, ce que tu as été,
Ce dont se souviendront les traités militaires,
Est-ce autant que le vol d’un papillon d’été?

Cochonfucius

Grand oiseau migrateur

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Le firmament sans borne est un chemin pour moi
Et ma carte routière est la voûte étoilée ;
Par aucun prédateur mon âme n’est troublée,
Je suis un migrateur, je vole sans effroi.

Mes jours sont lumineux, mes nuits sont sans émoi,
De cent menus trésors ma personne est comblée ;
Dans l’air frais, survolant une terre brûlée,
Immense est la douceur qu’en ce temps je perçois.

Dans les pays du Sud sont des fruits désirables,
Aux vastes oasis, des jardins admirables
Où la Reine enhardie reçoit ses beaux amants.

C’est ainsi que, souvent, l’Europe je délaisse
Pour aller rencontrer cette douce Maîtresse
Qui me fait bon accueil, et me trouve charmant.

Cochonfucius

Leçon du barde-loutre

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Le malheur, le bonheur, reçois-les en silence,
Tu feras ça sans peine, étant devenu vieux ;
Ne doit leur différence être grande, à tes yeux,
Biens rares sont les cas de se mettre en défense.

Si tu crois que le monde est plein de turbulence,
Accepte ce verdict, et tâche, de ton mieux,
De trouver ton refuge aux plus paisibles lieux
Dans lesquels ta présence est proche de l’absence.

Un inconfort n’est pas la source de tourments,
Tu ne peux rien soigner par des gémissements,
Une épreuve n’a pas la valeur d’un martyre.

Ce que je te dis là, si tu l’as entendu,
Porte-le dans ton âme ; et ton corps, détendu,
Librement goûtera les plaisirs qui l’attirent.

Cochonfucius

 

Quelques trolls

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Troll d’argent, tu connais des blagues polissonnes ;
À table tu les dis, ton regard restant pur.
Troll de gueules, ta face évoque le fruit mûr
Du pampre qui ma treille en septembre festonne.

Loin des humains, ta danse, excellent troll d’azur,
Apporte un air joyeux dans les bois en automne ;
Troll de sinople, on sait ton plaisir monotone,
Absorber de la bière en contemplant un mur.

Troll d’or (et je t’admire à cause de cela)
Tu narres des récits au somptueux éclat ;
Troll de sable, en quittant ta maison délabrée,

Tu gagnes la taverne en mes vers célébrée.
Troll d’hermine, élégant comme l’est un prélat,
Tu es de tes pareils celui qui plus m’agrée.

Cochonfucius

Poissons qui dansent

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Ces beaux poissons, s’ils dansent dès l’aurore,
C’est pour fêter le mois d’avril, qui sait ?
Je me souviens qu’un d’entre eux bondissait
Hors de l’étang que les algues décorent:

Il célébrait la saison que j’adore
Et son plaisir jamais ne tarissait,
Le jour levant point ne l’éblouissait,
Je l’ai bien vu, et je le vois encore.

Auprès de l’eau se promenait un chat
Qui ce poisson au bonheur n’arracha,
Comme aurait fait un félin qui s’ ennuie :

Il laissa vivre, aussi bien, le suivant,
Chat dont le poil frémit au gré du vent,
Qui vite rentre au gîte, en cas de pluie.

Cochonfucius

Le reptile et l’oiseau

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Crocodile ou pluvian, lequel a nos faveurs ?
Lequel est plus souvent présent dans nos pensées ?
Moi, j’aime de l’oiseau la tournure élancée,
L’esprit plein de finesse, et le regard rêveur.

Du reptile, on a dit le rôle protecteur.
Attaquer le pluvian serait chose insensée ;
Le croco n’use point d’approches nuancées
Pour montrer sa colère à des perturbateurs.

Ces deux amis, pourquoi les mettre en concurrence ?
Leur inégalité, ce n’est qu’une apparence,
Chaque matin les voit plus proches devenir.

Crocodile et pluvian, c’est à votre mémoire
Et à votre santé qu’ici nous allons boire,
Vrais complices que rien ne saurait désunir.

Cochonfucius

Paladin britannique

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C’est un chevalier d’Angleterre,
Aimant les combats, plus ou moins,
Caché parfois en un recoin
Pour ne pas toujours être en guerre.

Il aime la paix sur la terre ;
À son cheval donner du foin,
Faire un voyage, pas trop loin,
Avoir du bon vin dans son verre.

Car son courage est bien caché,
Son honneur est un peu taché ;
De cela, quelques bardes rient.

Ce héros n’a pas de rancoeur,
La poésie vit dans son coeur,
Et n’y sera jamais tarie.

Cochonfucius

Birague voit un dragon

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«Comment, cousin Dragon, veux-tu être nommé?»
«Que fais-tu en ces lieux, humain plein de courage?»
«Moi? Je change d’endroit, tel un amant volage,
Je sais que, par certains, je peux être blâmé.»

«Tu n’es pas de ceux-là que j’aime consumer,
Ni de ces malchanceux que l’on met en servage ;
Et tu ne trembles point, quand les combats font rage.»
«Je n’ai pas peur des coups, mais j’ai peur d’être aimé.»

«Que veux-tu, compagnon, nos vies sont malaisées,
Et la tienne et la mienne ont beau être prisées,
Peu de gens prennent part à nos jeux dangereux ;

Tels des rats s’abritant dans les jours de tourmente,
Leur raison est nommée “prudence véhémente”.
Ne deviens pas comme eux, chevalier courageux.»

Cochonfucius

 

Taureau solitaire

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Dans le temps où, du blé, ne reste que la paille,
L’homme ayant pris le grain dont il est amateur,
Ce taureau marche seul, loin des fermiers flatteurs,
Une étable de bois ne lui dit rien qui vaille.

On ne le prendra pas pour un boeuf qui travaille,
Car il sait cultiver des loisirs enchanteurs :
Contempler l’univers qui change avec lenteur,
Ou le barde des champs qui doctement rimaille.

La saison est clémente et les oiseaux sont là,
Aucun souffle de vent, c’est un vrai calme plat,
Cet animal perdu n’accomplit nul service.

Qu’importe que le monde ait l’air d’être sans loi,
Sans rime ni raison, sans église et sans croix,
Le taureau vit d’un rien, pauvreté n’est pas vice.

Cochonfucius

Ours-Piaf de gueules

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L’ours-piaf de nos régions se dresse ici, sans trêve ;
Il ne peut s’envoler, en serait-il navré ?
Son coeur n’est pas amer, ni son oeil enfiévré,
Son esprit ténébreux est prisonnier d’un rêve.

Installé sur son mur, il a, je le relève,
Un visage apaisé, nullement éploré,
Bien loin des cauchemars qui rendent effaré,
Bien loin des ennemis qui brandissent leur glaive.

En son oeil, la lueur qui jamais ne s’éteint ;
Composant des sonnets au soleil du matin,
Pas d’ailes dans son dos, et pourtant c’est un ange.

Il peut vivre sa vie loin du monde moqueur,
Sans nous communiquer les secrets de son coeur,
L’ornithoplantigrade, un animal étrange.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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