Chevreau vagabond

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Le chevreau, s’éloignant de la vigne charmante,
Au potager voisin se risque à regarder ;
De sa visite ici, nul ne le complimente,
Ni de la fantaisie qui semble le guider.

Un humble jardinier, le voyant, se tourmente,
Craignant son coup de dents si vif et saccadé ;
Toujours, aux fils du bouc, Pomone est inclémente,
Je vois son air maussade, et je l’entends gronder.

Du fait d’un seul chevreau, la perte est fort petite,
Braves horticulteurs, que la crainte vous quitte,
Cet animal n’est pas d’un démon le portrait.

Son aimable museau ne crache pas de flammes,
Rien ne peut égaler la candeur de son âme,
Laissons ce vagabond errer dans le vent frais.

Cochonfucius

Sauteur-grimpeur

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Dans les bosquets de Normandie,
Le sauteur vit, loin de humains ;
Sa queue est fièrement brandie
Quand il va cueillir le jasmin.

Il n’a souci des lendemains,
De vieillesse, de maladie,
Il danse au-dessus des chemins
Avec la grimpeuse étourdie.

Il n’est pas riche, il n’est pas fort,
Jamais il ne songe à la mort,
Puisqu’au ciel sont de si beaux astres.

L’air d’ici n’est pas étouffant,
Les grimpeurs sont de bons enfants
Que ne menace aucun désastre.

Cochonfucius

Aigle des confins

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On trouve au bout du monde un oiseau solitaire
Qui jamais ne s’adresse aux autres animaux ;
Il vit dans les confins, loin des biens et des maux,
Et cet isolement lui paraît salutaire.

Il ne pense jamais, ni rien, ni le contraire,
On ne l’a jamais vu penché sur des travaux ;
Il somnole debout, comme font les chevaux,
Et se nourrit toujours de choses ordinaires.

C’est un oiseau rêveur, c’est l’oiseau de la paix,
Et ses songes sont là, comme un nuage épais,
Car cette rêverie lui tient lieu de pensée.

Ô frère du vautour, tu n’as pas d’ennemis,
Quand tu sembles veiller, quand tu es endormi,
Nulle ardeur ne surgit dans ton âme glacée.

Cochonfucius

Torcerf

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Torcerf peint sur la vieille tour,
C’est le printemps qui t’émoustille ;
Cependant, nulle jeune fille
Par ici ne fait un détour.

Vas-tu donc quitter le mur pour
Aller draguer dans la charmille ?
Car l’oeil de la torbiche y brille,
Et de parfums les vents sont lourds.

Le mur est couvert de rosée,
La peinture en est arrosée,
Le beau dessin n’est plus très clair.

Reste fixé, torcerf candide,
Pour danser, tu es trop timide,
Et les amours coûtent trop cher.

Cochonfucius

Ours alchimiste

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L’ours casse des noyaux pendant toute une année,
Il compte les neutrons, ça l’amuse toujours,
Il ressent pour les quarks un véritable amour,
Il peut leur consacrer ses nuits et ses journées.

Sa recherche, pourtant, n’est pas très ordonnée,
Il s’embrouille souvent dans les éléments lourds ;
Si, sur ses résultats, il veut faire un discours,
Rien n’en est retenu par la foule étonnée.

À son statut, pourtant, le plantigrade tient,
D’alchimiste, vraiment, le titre lui revient ;
Un projet dessus l’autre, et jamais il ne cesse !

Il casse les noyaux, puis il aime en parler
Dans les savants congrès, quand il peut y aller,
Car cette fantaisie est sa seule maîtresse.

Cochonfucius

Multiples sagesses

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image de l’auteur

Sage est la brise qui soupire
Et qui se taira tout à coup ;
Sage la forêt que j’admire
Et dont les chemins sont si doux.

Aucun besoin de le leur dire,
Mais je vous le raconte, à vous,
Ça vous fait quelque chose à lire,
Si, du moins, c’est à votre goût.

Heureux d’une humble destinée,
J’ai traversé bien des années :
Le temps qui reste sera court.

Brise et forêt, sans être émues,
Se déroberont à ma vue
Quand se perdra l’éclat du jour.

Art pariétal

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image de l’auteur

Le mur est très ancien, mais il n’est pas noirci ;
On n’y voit point de trous, ni de taches humides,
Ni de lierre grimpant, ni de lichens livides,
C’est un mur rassurant, sous le ciel obscurci.

D’un portrait de sinople il se trouve adouci ;
C’est celui d’un seigneur de l’étendue liquide,
Lequel, pour tout navire, est un excellent guide
Grâce auquel les marins n’auront plus de souci.

Baleine en dit du bien, sa noble soeur aînée
Qui par Neptune fut autrefois couronnée,
Sirène l’apprécie et le couve des yeux.

Mais il aime une femme, incroyablement belle,
Qui, montrant son désir de lui rester fidèle,
Fit peindre cette image à la face des cieux.

Cochonfucius

Basilic des murailles

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image de l’auteur

Beau basilic mural, tu n’es pas trop à plaindre :
Sur un mur de taverne ou sur un mur d’hôtel,
Un bienfaiteur, souvent, te dessine un cocktail
Car les buveurs, parfois, sont capables de peindre.

Si les lampes du bar en venaient à s’éteindre,
Tu ne sombrerais pas dans un ennui mortel,
Tu ne flétrirais pas tes jolis tons pastel,
Tu prendrais l’air content, sans nul besoin de feindre.

Et jamais ton portrait ne peut être effacé
Du mur parfois brûlant et quelquefois glacé,
Car l’aubergiste aurait regret de ton absence.

Tu as beaucoup d’amis que tu sais recevoir,
Eux qui sont rassurés et contents de te voir,
Faisant en arrivant leur humble révérence.

Cochonfucius

Manoir de Piaf-Tonnerre

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Un beau manoir, une contrée lointaine,
Sans nulle peine et sans nul déplaisir ;
En abritant ses modestes désirs,
L’oiseau savoure une joie incertaine :

Au vert jardin se trouve une fontaine,
Quelques poissons y prennent leur plaisir ;
D’icelui, nul ne les peut dessaisir,
Car de douceur leur âme est toute pleine.

Aux noirs corbeaux est donnée la pâture,
Le seigneur a chez lui sa nourriture,
Et tout cela sans effort apparent.

Ce vieux logis, qui fut à ses parents
Semble habité d’un bonheur transparent,
Loin de travail et de littérature.

Cochonfucius

Le seigneur Azazel

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image de l’auteur

Je m’en vais au désert qui jamais ne verdoie ;
Mon frère, offert à Dieu, qu’il est paisible et gai !
Je m’en vais au jardin que ne fleurit point mai,
Sur lequel un soleil de cruauté flamboie.

Au Seigneur Azazel, aujourd’hui, l’on m’envoie,
Car ce qui est écrit est respectable et vrai ;
Pas de bénédiction et pas de long délai,
Pas de repas festif, pas d’amour, pas de joie.

Le désert, dès le soir, se montre froidureux,
Mais ce n’est pas à moi d’en être malheureux,
Les péchés d’Israël vont grâce à moi décroître ;

Générations de boucs dont le mérite croît,
Préfigurant la mort du charpentier en croix,
Qui demain, au désert, élèvera son cloître.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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