Pierre de lune 

D’après Cochonfucius

Une pépite venue, ma foi, je ne sais d’où,
A roulé sur une sente envahie d’herbes folles…
S’adonnant en chemin à ses pensées frivoles,
Un promeneur la prit d’abord pour un caillou.
Un éclat de lumière jaillissant de la pierre
L’éblouissant soudain, notre homme s’agenouilla,
A l’instar d’un bon moine perdu dans ses prières,
Comme sourd aux rumeurs du monde d’ici-bas.
La roche dans sa main douillettement se love
L’étrange visiteuse sertie dans son alcôve
En un miroir se mue, où il voit stupéfait
Hécate et Sirona, Ishtar et Séléné,
La danse des déesses au longs cheveux de jais.

Stahlder

Inspiration

image de Pierrette

Des poèmes aux thèmes plus qu’abracadabrants
S’entrelacent dans l’esprit d’éternels étudiants
Ils en notent quelques vers butinés au hasard,
Leur assemblage semble une partie de billard…
Des reines aux yeux verts s’y éveillent en hiver
Quand des flocons dorés se couchent à leurs pieds
Après avoir enfin pris congé des nuées.
Le ciel se défaisant de son habit de deuil,
Contemple ces trophées avec un brin d’orgueil,
Et nos poètes avec un soupçon d’ironie.
Ils boivent à l’amitié, à l’amour, à la vie…
Ils chantent pour saluer l’arrivée de l‘aurore
Puis, chacun dans les bras de sa muse, s’endort

Stahlder

Bélier taciturne

Blason du Finistère

Les bergers qui cheminent à travers les prairies
Ne sont guère plus loquaces que les béliers de pierre
Sagement alignés dans un temple désert…
Quand ils veillent sous le toit d’une humble bergerie,
Chez l’un eux, au détour de quelque rêverie,
Naît une pensée profonde qu’il garde par-devers lui.
Le doyen des ovins, transmission de pensée ?
Lors, entrevoit la clé d’un mystère insensé,
Mais secouant le chef, il chasse cette idée

Stahlder

Tourbillon

image de Pierrette

Dans un monde conjuré par quelque visionnaire
Se frôlent au détour d‘anciens rites vaudous
L’ épaule ronde et nue à l’instar d’un caillou
D’une danseuse en transe, sublime bayadère,
La terre dans les airs telle une montgolfière,
Un squelette bronzé comme du vieil acajou,
Un drôle de bouquet de fleurs imaginaires…
Lors, au sein des volutes de ce gai tourbillon
Vogue, ciré de frais, un  petit guéridon
Sur lequel une bouteille se mire dans un verre…
Un danseur s’en saisit sans faire de manières
Et le vide en clamant « l’avenir est à nous,
Si dans une autre vie nous sommes imparfaits,
En un clin d’oeil ici l’on absorbe d’un trait
L’univers tout entier dans une chope de bière ! »

Stahlder

Grenouille métaphysicienne

image d’internet

Le temps d’une respiration,
Sur une lune en accordéon,
Le personnage d’un sonnet
Un humble batracien épris de poésie,
Psalmodie à part lui les grains d’un chapelet,
Tragédies, comédies, pleines de fantaisie,
Des quatrains composés en des temps révolus…
Selon cette prière, peut-être saugrenue,
Quand certains dorment sur la terre,
Quand d’autres dorment sous la terre,
Ou bien si leurs cendres somnolent,
Emportées par les eaux d’une claire fontaine
Ou par un courant d’air,
Vers d’invisibles grèves,
Libérée, se déploie l’étoffe de leurs rêves
Qui volent de ci-de là comme le vent les mène,
Et sans le secours d’une boussole,
En la compagnie d’aimables lucioles,
Ces clins d’oeil que nous font les anges ici-bas

Stahlder

Météo

image de Pierrette

Le temps enfile son manteau
De vent de froidure et de pluie,
Une tenue couleur de l’ennui,
Et notre coeur vêtu de gris
Se mire dans un morne drapeau…
Lors, de sublimes paillettes d’or
Dignes de hardis conquistadors
Illuminent notre demeure…
Électrisés par les vapeurs
Du rhum on danse la béguine,
Et dans l’ombre des basses-cours
Où s’était engourdi l’amour,
Le chant des îles en sourdine
Rallume chez les coqs assoupis
Les braises d’un nouvel incendie

Stahlder

Exode

image de Pierrette

Quelques démons furent exilés,
De leur propre Éden expulsés,
Car en  Enfer pousse un pommier
Arbre plus que tout sanctifié…
Un ange par le ciel mandaté,
Sous les traits d’une blanche colombe,
En roucoulant les a piégés.
Voilà que sur la terre ils tombent.
Revêtant une forme humaine,
Cachant leurs museau de murènes,
Et buvant des tasses de verveine

Stahlder

Marin virtuel

image de Pierrette

Le regard perdu dans son verre,
Au fond d’un café décrépi,
Un homme vogue en haute mer…
La houle engloutit ses soucis.
Quelques buveurs plus terre à terre
À mi-voix se moquent de lui.
La vieille et sage tenancière
S’émeut de sa mélancolie
Soudain se figent nos compères,
Comme en quelque tour de magie,
Nimbé d’un halo de lumière,
Il leur a semblé voir Saint Pierre,
Et Saint Elme, trinquant avec lui.

Stahlder

Renaissance

image de Pierrette d’après Cochonfucius

Une branche a poussé près d’un vase de de fleurs…
Le miroir chamarré des corolles assemblées
Lui renvoient le portrait d’une tige desséchée.
Atone, comme assoupie, elle attendit son heure…
Le labeur de Chronos est ma foi fort constant,
Même quand à notre échelle il paraît un peu lent,
Il suffit bien souvent de se montrer patient.
Apollon, grand esthète, guérisseur à ses heures,
L’effleurant de l’index, lui rendit sa vigueur,
Tandis que ses voisines dans l’eau se décomposent,
Grâce à quelques bourgeons, elle se métamorphose

Stahlder

Envol

Blason de Plounevezel

L’heure venue de gravir la montagne éternelle,
Se lèvera un grand vent qui nous y mènera…
Nul ne sait où ni quand la cloche sonnera,
Ni la forme que prendra la brise fraternelle…
Comme Nils Holgersson, cramponné sur une oie,
Voyait s’amenuiser les grandes nappes sylvestres,
Quand il faudra quitter cette écorce terrestre,
Nous serons emportés sur ses immenses ailes,
La tête chavirée et le coeur plein de joie.
Voyant s’évaporer l’empreinte de notre âme
Ici-bas, nous danserons, plus légers qu’une flamme…
Les nuées menaçantes en ce dernier voyage ?
Une goutte de rosée qui portait des orages…

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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