Marquis à plumes

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D’un marquis magicien, c’est la demeure, ici,
Que transforme en oiseau un étrange artifice ;
Non pas pour amuser l’oiseleur de service,
Mais pour prendre son vol, et pour chanter, aussi.

Et sachez que fort peu de seigneurs sont ainsi,
Car un tour de magie leur semble un maléfice ;
Mais ce marquis l’apprit de sa bonne nourrice,
Sans pourtant devenir un sorcier endurci.

Étant ce volatile au plumage admirable,
Il a fait ses amis du chêne et de l’érable,
Et trouve fréquemment un insecte à son goût.

Vers le soir, que chacun s’abrite et se délasse,
Je le vois admirer ses plumes dans la glace,
Qui sont d’un bel azur, surtout celles du cou.

Cochonfucius

Saint Gulier

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Ce saint de bonne humeur, dont l’abord est plaisant,
Mais étrange, songez qu’il n’a ni dieu ni maître ;
Faut-il, à ce propos, le faire comparaître
Devant l’inquisiteur aux arguments cuisants ?

Je dis qu’on doit l’absoudre, il n’est pas malfaisant,
Ce n’est qu’un brave ermite, et ce n’est pas un prêtre;
Or, si vous lui parlez, ce qu’il prétend connaître,
Il ne le puise pas en des bouquins pesants.

Ce saint sans religion, qu’il nous ait en sa garde,
Qu’on en dise du bien dans les chansons des bardes;
Qu’il songe en liberté, qu’il médite à loisir,

Dans son refuge, loin de l’humaine misère,
Plus distant des cités qu’un berger de Lozère ;
Saint Gulier, le patron de notre bon plaisir.

Cochonfucius

Mur du baron Cornegidouille

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Sire Cornegidouille, un baron plein d’orgueil,
Construisit un manoir en calcaire de Douvres
Où furent accrochés plus de tableaux qu’au Louvre,
Qu’il contemple en buvant son verre de Bourgueil.

Mais aucun visiteur ne franchira son seuil ;
Le beau portail de sable au grand jamais ne s’ouvre,
Aveugle est le grand mur qu’un emblème recouvre,
Aveugle est le logis, comme sont les cercueils.

À frapper au guichet, qui pourrait condescendre ?
Ce serait affronter l’oracle de Cassandre,
Ce serait s’attirer d’inquiétants lendemains.

De ce baron tordu, nul ne saura l’histoire,
Nul ne chroniquera la lignée dérisoire,
Mais la cornegidouille amuse les humains.

Cochonfucius

Goupil de sinople

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Le goupil de sinople est l’auteur de chansons
Que lui-même apprécie, qu’il fredonne à toute heure ;
Que ce soit en mangeant des tartines de beurre
Ou bien en repassant, le soir, ses caleçons.

Les paroles sont là pour un temps, puis s’en vont,
Rares dans son logis sont celles qui demeurent ;
Dans le fond des placards, les mélodies se meurent,
Et nous sommes émus quand nous les retrouvons.

Mais que sont les chansons, que sommes-nous pour elles?
Pourquoi, celles d’antan, les trouvons-nous si belles?
Et pourquoi le goupil ne peut-il s’en lasser?

La saveur du présent, la douceur du passé,
Le bonheur de chanter, le plaisir de penser,
Tout est dans les chansons, anciennes ou nouvelles.

Cochonfucius

Soleil de Nouvelle Aquitaine

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Notre soleil n’est pas sauvage,
Ce n’est pas l’astre du désert ;
Mais dans le vignoble il nous sert,
Qui nous procure nos breuvages.

Du vin, ne soyons en servage,
De ce trouble où l’âme se perd,
Dont vaincu fut plus d’un expert,
Dont se perdit plus d’un ménage.

Bien que ce nectar soit exquis,
En abuser n’est pas requis,
Même si Bacchus nous y pousse.

La foi, disons-nous à ce dieu,
Se manifeste d’autant mieux
Que notre ivresse reste douce !

Cochonfucius

Poisson-troll

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Dans le fleuve profond qui serpente en nos plaines,
Le poisson-troll médite, en son fief isolé,
Des algues entouré, des mouettes survolé,
Son esprit s’éloignant des plaisirs et des peines.

Il ne s’en va jamais rencontrer la sirène,
(Songez que les poissons ne savent point parler),
Mais en cette eau limpide, il peut la contempler,
Il ne la trouve pas tout à fait inhumaine.

«Sirène,accepte à boire, et puis, raconte-moi
Si le vieux poisson-troll est aimable avec toi,
Tu peux me le chanter, ou tu peux me l’écrire.»

«Sois tranquille, écrivain, nous n’éprouvons ici
Ni peine, ni chagrin, ni regret ni souci,
Et j’aime ce poisson, sa tête me fait rire. »

Cochonfucius

Grenouille magistrale

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Une grenouille en vint à donner des leçons
À la troupe d’errants, de vieux livres chargée,
Et tout autour du Maître en bon ordre rangée,
Des disciples choisis, de bien vaillants garçons.

Le Maître argumenta de diverses façons ;
La grenouille, ironique, ou peut-être outragée,
Toujours lui rétorqua d’une phrase inchangée,
Un peu comme un refrain rythmant une chanson.

De l’étrange animal, on ne fit pas le siège,
Qui point ne fut d’iceux que l’on peut prendre au piège;
Ce batracien volant s’éleva dans les nues.

Le Maître, à son départ, fit silence, un moment,
Puis, sur cet épisode, il conclut sobrement :
«Certains jours, voyez-vous, ma sagesse est ténue.»

Cochonfucius

Pitance de Gaulois

vihiers

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Il passe sous un arbre où vit sa soeur Hulotte ;
Il fouille le terreau, de son nez retroussé,
L’esprit toujours joyeux (s’il n’est pas courroucé),
Il écrase les glands sous ses fines quenottes.

Il s’endort vers l’aurore, au chant de la linotte
Dont le rythme accompagne un rêve cadencé ;
Le coeur du sanglier, plein d’affects nuancés,
Inspire à son esprit les plus subtiles notes.

Il aimerait sans doute être un petit oiseau
Dissimulant son nid dans l’ombre des roseaux,
Chantant plus ou moins fort, selon ses états d’âme.

Cependant, pour choisir, c’est trop tard, désormais.
Parfois, sa condition le laisse songeur, mais
Au Seigneur Bélénos, il n’adresse aucun blâme.

 Cochonfucius

Rongeur de sinople

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Ce rongeur innocent se nourrit de verdure,
Et Nature jamais ne songe à l’en priver ;
Sa pitance du jour est facile à trouver,
L’approvisionnement n’est pas une aventure,

Il dort, aussi longtemps que la nuit est obscure,
Et de rêver aussi, ça peut lui arriver ;
Car le songe survient au gré de la nature,
Et tout ce qu’un dormeur, la nuit, peut éprouver.

Un jour qui se termine, et l’autre recommence,
Ce rongeur fait sa vie dans les plaines de France
Et nul mauvais penchant ne tourmente son coeur.

Car il ne se perd pas dans des errances fières,
Il n’entre pas au bar pour boire de la bière :
Jamais il n’offre un verre au tavernier songeur.

Cochonfucius

Poésie héraldique 3, le recueil

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Or, sable, sinople
Marquis à plumes
Saint Gulier
Mur du baron de Cornegidouille
Goupil de sinople
Soleil de Nouvelle Aquitaine
poisson-troll
Grenouille magistrale
Pitance de Gaulois
Rongeur de sinople
Amiral au masque d’or
Grand oiseau migrateur
Leçon du barde-loutre
Quelques trolls
Poissons qui dansent
Le reptile et l’oiseau
Paladin britannique
Birague voit un dragon
Taureau solitaire
Ours-Piaf de gueules
Chevreau vagabond
Sauteur-grimpeur
Aigle des confins
Torcerf
Ours alchimiste
Multiples sagesses
Art pariétal
Basilic des murailles
Manoir de Piaf-Tonnerre
Le seigneur Azazel
Forgeurs de lune
César lotophage
Le train où vont les choses

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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