Oiseau du marécage

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Ce petit échassier marche d’un pied léger,
Bien fragile est son corps et bien frêle son âme ;
Jamais, tel un phénix, il n’allume de flammes,
Cet oiseau tremblotant quand il vient à neiger.

Il est, heureusement, capable de songer
À des fleurs inconnues, à de charmantes dames,
Aux insectes du jour, aux toiles qui se trament,
Au marais dans lequel son plumage est plongé.

Quand j’hésite à rimer, il me fournit un thème,
D’ailleurs, son cri d’appel est comme un bref poème,
Un mot bouleversant, un verset tâtonnant.

Oiseau, ne parle plus. Que ton âme ravie,
Contemple maintenant la douceur de ta vie ;
Oiseau, qu’as-tu besoin de chanter, maintenant ?

Cochonfucius

Ange instrumentiste

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Du cosmos l’ange blanc veut louer la grandeur ;
Il trouve un instrument chez un brave antiquaire,
Son morceau retentit ainsi qu’un chant de guerre,
Éveillant l’univers jusqu’en ses profondeurs.
Cet angélique son, dans sa belle candeur,
Devrait vous émouvoir, gentils humains, mes frères ;
Pour une fois qu’un ange est entendu sur Terre,
C’est l’occasion de rendre hommage à sa splendeur.
Travailleurs du verger, offrez vos belles pommes ;
En croquer une ou deux peut le changer en homme
Capable d’oublier son céleste passé.
Si cet ange a pour voeu d’appartenir au monde,
Baptisons-le, ce soir, dans la fraîcheur de l’onde,
La vestale à minuit s’en viendra l’embrasser.

Cochonfucius

Sire loup-coq

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Le loup-coq, semble-t-il, se nourrit d’escargots,
Et s’il n’en trouve aucun, que sa peine est profonde !
Les plus gras sont cachés derrière les fagots,
C’est, dit Pline l’Ancien, en ce lieu qu’ils abondent.

Le loup-coq entreprend de bâtir son tombeau
Qu’orneront, par milliers, des coquilles bien rondes,
Les siennes, tout d’abord, puis celles des corbeaux
Qui, pleins de bienveillance, à ses désirs répondent.

Quand, sur ce monument, les freux ouvrent les yeux ,
Ils ont un grand respect pour la beauté des lieux
Dignes du fier loup-coq à la haute stature.

Lui ne s’empresse point de rejoindre les morts,
À tous ses compagnons, il survit sans remords,
Vivre, plus que mourir, étant dans sa nature.

Cochonfucius

Muraille de Slim

briq-ble

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Slim est une légende, et ne s’en soucie guère ;
Maître Cattaneo, voici bien des saisons,
Dessina ce bonhomme et sa belle maison
Qu’il déserte souvent pour de lointaines terres.

Car jamais un héros ne pousse en une serre,
Et les albums de Slim, quand nous les relisons,
Montrent comment il va, plein d’usage et raison,
Accomplir ici-bas son parcours solitaire.

Or, peut-il sans péril la plage fréquenter ?
Et peut-il sans procès une nef inventer ?
Il le peut, mes amis, ce Slim est un grand homme!

Si de son odyssée il rapporte un trésor,
Sa gratitude ira (qui lui donnerait tort?)
Plus à Cattaneo qu’à l’évêque de Rome.

Cochonfucius

Coeur de lion

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Le roi des animaux, dans son palais de pierre,
S’abandonne, le soir, à son pesant repos ;
Et les buffles, au loin, dorment dans leur enclos
Que les astres du ciel baignent de leur lumière.

Pour prédateur et proie les étoiles sont claires,
Lente est la voie lactée en son céleste flot,
Et le buffle et le lion voient le même tableau,
De cent constellations qui leur sont familières.

Du grand-duc retentit le cri sempiternel ;
L’aube verra surgir un chant traditionnel
Accueillant le retour du bel éclat céleste.

La chasse reprendra sur fond de ciel d’azur,
En l’affût, en la course, on ne voit rien d’obscur ;
Le lion gagne souvent, La Fontaine en atteste.

Cochonfucius

 

Barde à plumes

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J’entendis l’autre jour un barde qui chantait,
Un oiseau magicien, que la grandeur divine
Ou celle d’un vieux troll, démon des origines,
Avait favorisé, car sa voix m’enchantait.

Dans mon jardin obscur, le soir, je l’écoutais,
On aurait dit, parfois, qu’il savait des comptines,
Ou bien qu’il inventait quelques phrases mutines,
Ça me rendait heureux, puis ça me déroutait.

J’étais fort satisfait de l’aimable surprise,
J’avais laissé tomber toutes mes entreprises
Pour entendre le barde en regardant les cieux.

Mais de quel contenu fut mon âme avertie ?
Aucune conclusion de cela n’est sortie,
Je suis rentré chez moi, je me suis mis au pieu.

Cochonfucius

 

Dame de la lune printanière

mee

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Un oiseau noir chante avec impudence,
Car il croyait obtenir le pouvoir ;
Mais, comme il chante, et qu’on ne peut le voir :
Mauvaise à lui se montre Providence.

Jamais pouvoir ne procure abondance,
Sauf à quitter ce côté du miroir ;
Le Pélican n’obtient aucun terroir,
Il s’aperçoit que c’est une évidence.

Un oiseau noir qui n’a point de parents
À bien chanter en mon jardin se prend ;
Aux musiciens, quelque chose il enseigne.

Le noir n’est pas la plus laide couleur :
La Dame en fait un signe de valeur,
Or, approuver cette Dame, je daigne.

Cochonfucius

Clown de Verlaine

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Je suis le clown malin, je peux tout imiter;
Je manie de l’humour l’indomptable puissance,
Je trouve au fond de moi la force et l’assurance
Sous couvert de sottise et de simplicité.

Je plaisante à loisir, et sans nécessité,
Oubliant tout respect, cultivant l’arrogance;
Le public indigné recule quand j’avance,
Car mon esprit moqueur ne sait se limiter.

Chaque heure, chaque instant de ma clownesque vie
Me dérobe à moi-même, au tombeau me convie,
Une saveur funèbre imprègne mes discours.

Le clown, tel le Sauveur qui sur sa croix trépasse,
Se moque de Tartuffe et de ses messes basses ;
Il vit selon la Loi qu’il prêche tous les jours.

Cochonfucius

Chanson du roi de la mer

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Roi de tous les poissons que l’eau peut contenir,
Ce seigneur est, comme eux, fort habile à se taire;
Dans la salle du Trône, il siège, solitaire,
En un état d’esprit qu’on ne peut définir.
Son vieux coeur de monarque est plein de souvenirs,
Il baigne dans une eau qui point ne désaltère ;
Son âme est un secret, son règne est un mystère,
Le présent lui échappe, ainsi que l’avenir.
Ce bonhomme jamais n’usa de sortilèges,
Il n’a pas de malice, il est blanc comme neige,
Partageant avec l’eau transparence et douceur.
Existe-t-il, pourtant, ce grand roi secourable ?
Mais, s’il se montre absent, n’en sois pas misérable :
Il joue à se cacher, c’est un esprit farceur.

Cochonfucius

Or, sable, sinople

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La mouche se posa sur la muraille dure
Au lieu de se cacher dans l’ombre d’un cyprès ;
L’insecte en profita pour admirer de près
L’image tracée là, comme une enluminure.

Si ton oreille fine entendait son murmure,
Tu surprendrais alors le compliment secret
Adressé à l’auteur de ces fabuleux traits,
Peintre dont le pinceau sur les murs s’aventure.

Or, nous ne craignons point que le ciel s’obscurcisse;
Ni qu’un bourdonnement trop fort ne retentisse:
Invisible sera cette intruse en ces lieux.

Le peintre, cependant, sur un point se tourmente:
Faut-il portraiturer la bestiole obsédante ?
Peintre, oublie-la plutôt, le mur sans elle est mieux.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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