Jumarts d’azur

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Ces deux jumarts surgissent dans l’aurore,
Presque jamais ils ne se lèvent tard ;
De gambader, chacun possède l’art,
Qui sa crinière avec panache arbore.

Ces deux jumarts qui d’azur se colorent
Dans l’existence ont pris un bon départ ;
Ils n’ont pas peur de franchir un rempart,
Ils n’ont souci d’un fauve qui dévore.

Ils sont charmants, ces deux jumarts indiens,
Ambassadeurs d’un autre méridien,
J’aime observer ces bêtes merveilleuses.

Les nuits, les jours et les ans passeront ;
Dans ma mémoire, encore ils danseront,
La vie, pour eux, n’est jamais périlleuse.

Cochonfucius

Porc de plaisance

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Ce porc aime traîner en d’agréables lieux,
Soit au comptoir d’un bar, soit sous une tonnelle,
Découvrant des plaisirs et des saveurs nouvelles,
C’est un porc hédoniste, à la face des cieux.

Dionysos, le plus doux, le plus charmant des dieux,
Nous verse le nectar de sa grâce immortelle ;
Il descend de son ciel de vendange éternelle,
Trinque avec les buveurs, et le monde va mieux.

Quand les verres sont pleins, qu’importe la misère,
En taverne, la vie ne saurait être amère,
Patron, d’encore un coup faites-nous la faveur.

Je ne tiens plus debout,que veux-tu qu’on y fasse,
Le trottoir est instable, et la terre est bien basse,
Un bon godet de plus sera-t-il mon sauveur ?

Cochonfucius

Cupidon des daims

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Le Cupidon des daims, nul dieu ne le maîtrise,
Jupiter n’a pour lui nulle sévérité ;
L’ermite des forêts, malgré sa sainteté,
Devant ce cervidé montre une âme soumise.

Aux daims, chaque printemps, des amours sont promises;
Quand la flèche est en route, on ne peut l’arrêter
(Puis, tomber amoureux, c’est bon pour la santé);
Qu’importe au bel archer si quelques coeurs se brisent!

Mais au bois sont aussi des sorcières cachées
Par qui sont les douceurs de l’amour empêchées,
À leur place survient la guerre entre rivaux.

Sur des millions d’années, cette lutte infinie
Des paisibles bestiaux déchire l’harmonie;
Être un daim, malgré tout, vaut mieux que d’être un veau.

Cochonfucius

Oie de sinople

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Jamais ne fut une oie dite sans foi ni loi,
Tu ne peux, dans la cour, trouver plus brave bête ;
Ce bel oiseau, toujours, inspira les poètes
Par son plaisant discours qui dit on ne sait quoi.

Elle est, l’oie de sinople, un exemple pour moi,
Son coeur n’a rien de froid, ni rien de malhonnête,
Son âme a du respect pour la vieille planète,
Elle vit tout le jour sans peine et sans émoi.

La grâce de son chant, c’est d’être ce qu’il est ;
Et peu m’importe, à moi, s’il est beau, s’il est laid,
J’aime l’oie de sinople, elle est charmante et vive.

Ne lui reprochez point son allure naïve,
Prenez-la pour modèle, et qui l’aime la suive,
La sagesse d’une oie, c’est ce qu’il nous fallait.

Cochonfucius

Mur de Piaf-Tonnerre

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J’ai décoré le mur du manoir qui m’est cher ;
Il se dresse, superbe, au bout d’une avenue,
Et les passants, saisis d’une extase ingénue,
Disent «D’un tel pinceau, comment n’être pas fier?»

J’ai pris l’or du soleil et l’azur de l’éther,
Posant sur la muraille une brosse menue ;
Ainsi, ma silhouette, autrefois méconnue,
Orne ce monument plus beau qu’un temple khmer.

Autrefois, j’habitais des logis de fortune,
Quelque peu méprisé des gens de la commune ;
Mais à ma réussite, ils devront applaudir.

Elle peut m’apporter, cette maison charmante,
De plaisants visiteurs et la plus douce amante,
Derrière ce beau mur que je vois resplendir.

Cochonfucius

Pachyderme lutécien

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On offre à l’éléphant, boulevard Saint-Germain,
Un grand bol de calva sur une table basse ;
Son existence entière en tels plaisirs se passe,
Ce pachyderme vit sans peur du lendemain.

Il se fait dorloter par ses frères humains,
Et, du soir au matin, ce sont bonheurs fugaces,
Le grand éléphant d’or jamais ne se tracasse,
En ce vieil animal bat le coeur d’un gamin.

«Comment te portes-tu, éléphant sans histoire ?
Réponds à ma question sans détours oratoires,
Car nous nous comprenons, nous sommes deux anciens.»

«Je ne vais pas répondre en des termes habiles,
Mais j’ai juste accepté que mon sort fût facile,
Donc, léger à subir, mais pas tant que le tien.»

Cochonfucius

Ambitortue

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L’ambitortue fut des sept mers maîtresse,
Elle habitait les grands fonds, tout en bas ;
On peut y voir la trace de ses pas,
Car elle aimait marcher, après la messe.

Mais elle fut mangée par une ogresse
(C’est un destin qui ne pardonne pas) ;
Tous les poissons, apprenant son trépas,
Ont exprimé leur profonde tristesse.

Ses bons vassaux furent compatissants,
Au fond des mers on les vit bâtissant
Un noir tombeau que veille un requin-carme.

Ce poisson-moine, ascète rigoureux,
La gardera des Enfers dangereux
Et du démon-poissonnier, qu’il désarme.

Cochonfucius

Trois saintes vaches

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Elles ont aboli leurs multiples désirs,
Elles ne baignent plus dans le monde illusoire ;
La langue poétique est leur dernier plaisir,
Elles ont déserté les antres de la gloire.

De ces beaux animaux, les efforts méritoires
Leur permettront bientôt, semble-t-il, de saisir
Le message encodé dans les vieilles histoires ;
Pour disciple, peut-être, elles vont te choisir.

Mais tu peux lire aussi l’écrit qui se déroule :
Plonge-toi dans un livre, à l’écart de la foule,
Les maîtres du passé réciteront en choeur

Leur texte sans mensonge et sans chinoiserie,
Ça te protégera contre les duperies.
Quelle lumière, alors, quel éclat dans ton coeur !

Cochonfucius

Âne et lumière

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Il aime à réviser ce qu’il a bien appris,
Et ce qu’il sait moins bien; il apprécie l’ensemble,
Cet âne qui, sans doute, aux vieux sages ressemble,
Car ce que l’on rumine est souvent mieux compris.

Sa grande âme s’emplit des plus doctes écrits
Qui dans son noble coeur fort plaisamment s’assemblent;
Il sait les commenter, sa voix jamais ne tremble,
Âne érudit, vraiment, quel fabuleux esprit !

As-tu capté un peu de la flamme divine ?
Peux-tu tracer des mots, d’une écriture fine,
Mûrir ton jugement et le rendre subtil ?

Ou peut-être, ce goût te vient de la fumée
D’une herbe de savoir, vivement consumée,
Un chanvre savoureux qui fait perdre le fil.

Cochonfucius

Bélier d’Abraham

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Dans un océan de clarté
S’aventure un bélier folâtre ;
L’animal n’est pas idolâtre,
Un archange l’a recruté.

Roi cornu, tu es invité
À déserter brebis et pâtre
Pour aller, marcheur opiniâtre,
Sur un autel te présenter.

Vois l’enfant dont le coeur palpite,
Il doit mourir, selon les rites :
Mais tu peux être son sauveur.

Offre donc ta gorge au vieil homme :
Le feu qui détruisit Sodome
Va récompenser ta ferveur.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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