Un coq en hiver

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La saison sera sans clémence,
Aussi j’en serai maltraité ;
Puissé-je avec sérénité
Faire un effort d’accoutumance.

L’hiver s’en vient, l’hiver commence,
Les astres perdent leur clarté ;
Le temps semble s’être arrêté,,
Que ne puis-je entrer en dormance.

Je dois vivre, je dois durer,
Pourtant j’en suis mal assuré ;
Mon âme est parfois triste et lasse.

Penser ne m’est d’aucun secours,
Mais je n’ai pas d’autre recours ;
J’attends. J’attends que l’hiver passe.

Cochonfucius

Quartefeuille muette

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Je n’userai d’aucun symbole,
Je garde un silence de mort ;
Je laisse végéter mon corps
Sans lui accorder la parole.

Tu me dis que ça te désole,
Tu prétends même que j’ai tort ;
Ça ne me donne nul remords,
Car tes arguments sont frivoles.

Tu n’entendras donc plus ma voix,
Pas même trois ou quatre fois ;
La perte ne sera pas grande.

Je laisse advenir mon trépas,
J’ignore les autres demandes ;
Voilà tout, je n’insiste pas.

Cochonfucius

Arbre de mémoire

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Moi, je retiens les noms des choses,
Ceux qui sont longs, ceux qui sont courts ;
Je retiens même des discours
Et quelques passages de prose.

J’ai noté ce qu’ont dit les roses
Qui se fanèrent tour à tour ;
Je me souviens de leurs atours
Au jour qu’elles furent écloses.

Je me tais. Le silence est d’or ;
Ce mutisme n’est pas stupide,
C’est la sagesse d’un coeur vide.

Je me souviens de plusieurs morts,
Peut-être même d’un suicide ;
Je sais que fragile est mon corps.

Cochonfucius

Monstre danseur

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Je suis moi-même quand je danse,
Et tu n’y pourras rien changer ;
J’oublie la vie et ses dangers,
J’oublie toutes les évidences.

Mes sensations deviennent denses
Comme quand j’allais vendanger ;
Je ne veux pas les engranger
Ni leur offrir de résidence.

Ma voix ne veut nul auditeur
Ni mes écrits nul éditeur ;
Je suis un vivant sans histoire.

Mon programme ne varie pas ;
Après la danse, le repas
Dans un modeste réfectoire.

Cochonfucius

Fleurs oubliées

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Sans surprise fut notre sort,
Vie nullement originale ;
Voici l’étape terminale,
Voici que notre ego s’endort.

Que saurons-nous de notre mort ?
C’est une chose bien normale ;
Végétale comme animale,
La vie doit délaisser le corps.

Que notre peur soit abolie ;
Cette frayeur n’est pas jolie,
Elle est plutôt de mauvais goût.

Un grand ouroboros s’enroule
Autour de la tour qui s’écroule,
De la poussière, et puis c’est tout.

Cochonfucius

Ange sombre

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Je déchiffre d’étranges proses,
Dont je ne suis point amusé ;
C’est écrit sur des pages roses,
Dans un vieux bouquin fort usé.

La lecture me rend morose,
Mes maux n’en sont point apaisés ;
Même quand de rhum je l’arrose,
Le parcours m’en est malaisé.

Sans doute suis-je un hérétique
Inapte aux leçons prophétiques ,
Qui me semblent ne rien valoir.

Je n’en peux plus de lassitude ;
J’abandonnerai donc l’étude
Qui me mit en tel désespoir.

Cochonfucius

Poisson qui ne doute de rien

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Moi qui crois en ma destinée,
Je ne me fais aucun souci ;
Je suis fort, je suis sage aussi,
Ma personne est bien ordonnée.

Devant la sirène étonnée
Je chasse un démon, sans merci ;
Elle rit de me voir ainsi,
Son âme en est illuminée.

Un ondin devant moi s’incline,
Me prêtant des vertus divines
Plus une grandeur souveraine.

La sirène en ces beaux moments
Veut faire de moi son amant ;
Je trouve cette idée obscène.

https://paysdepoesie.wordpress.com/2024/12/01/poisson-qui-ne-doute-de-rien/

Culte désuet

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En ce temple est un mauvais ange,
Rusé comme l’est un renard ;
Les gens l’abreuvent de pinard
Mais je ne sais pas ce qu’il mange.

Il peut se changer en canard
Ou en blaireau quand ça l’arrange ;
Parfois ça devient plus étrange,
Ça prend des airs de lupanar.

C’est ainsi depuis ma naissance,
Sans nul signe d’obsolescence ;
Un boxon toujours renaissant..

Dorénavant, je fais silence,
Car tout cela, je m’en balance,
Je n’y vois rien d’intéressant.

https://paysdepoesie.wordpress.com/2024/11/30/culte-desuet/

Pomme grise

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Moi, je n’ai rien fait, dit la pomme,
Je n’irai donc pas en enfer ;
Un fruit n’a nul penchant pervers,
Jamais pécheurs on ne nous nomme.

Toujours nous restons où nous sommes;
Ceux qui sont mûrs, ceux qui sont verts ;
La branche, c’est notre univers,
De haut nous regardons les hommes.

Aussitôt qu’il nous a cueillis,
L’homme est de désirs assailli,
Car c’est à son plaisir qu’il pense.

Pas même besoin d’un serpent
Pour pervertir ce sacripant ;
Sa soif de mal faire est immense.

Cochonfucius

Ondin bizarre

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Fils d’une sirène follette,
Je n’aime pas le goût du sel ;
J’aimerais mieux avoir du miel
Ou bien du piment d’Espelette.

Je voudrais être une belette
Et régner sur un archipel ;
Mais la magie manque à l’appel,
Rien de changé dans mon squelette.

Je suis un ondin sans espoir,
Car tous les dieux m’ont laissé choir ;
Au diable cette vie foireuse.

N’écris pas là-dessus, vieux porc ;
Écris sur la sirène heureuse
Qui drague les marins du port.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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