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Désherbant le passé que trop souvent je sonde,
Faucille de mémoire, instrument rigoureux,
Tu sépares de moi les souvenirs des blondes
Et leur foisonnement de discours amoureux.
Faucille du présent, tu élagues ce monde,
Tu ne conserves point ce qui est nébuleux ;
On la trouve à ce prix, la sagesse profonde,
La fin de nos tourments, la paix sous un ciel bleu.
Faucille du futur, tu n’as nulle tendresse
Pour les projets douteux, qui sont porteurs d’ennuis :
Les retrancher permet d’éviter la détresse,
Ces trois beaux instruments travaillent jour et nuit,
Mais ne s’attaquent point à des idées funèbres ;
Mon âme ne sait pas faucher dans les ténèbres.
