Taverne des Trolls

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image de l’auteur

Une auberge modeste où la servante est belle,
Le tabouret du bar, la table ornée de fleurs,
C’est le plaisir des trolls à la vive couleur
Célébrant chaque jour la cervoise immortelle.

Intact est leur amour de la bière nouvelle
Quand avec le printemps commence la chaleur,
Cette boisson leur fait oublier leurs douleurs,
La saveur du breuvage adoucit leur cervelle.

Apprivoisant l’esprit et renforçant le corps,
Un élixir pareil n’est pas fait pour les porcs ;
Il charme au quotidien les dieux et les déesses.

Il ne faut seulement que s’éloigner un peu
Pour que notre vessie relâche un litre ou deux,
Dont notre âme n’est pas entièrement maîtresse.

Cochonfucius

La lumière diurne et nocturne

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Peinture chinoise

Pour observer un astre, il faut s’en tenir loin ;
L’éclairer d’une lampe est d’ailleurs impossible.
Pour ta méditation, c’est une bonne cible :
Propice y est le jour, la nuit ne l’est pas moins.

Ici, d’un sens logique, il n’est aucun besoin.
Ce que tu dois savoir est pleinement visible,
Du moins pour qui regarde avec un coeur sensible,
Qu’un trait anecdotique, aussi, n’égare point.

En restant concentré sur les causes premières,
Tu finis par baigner dans leur blanche lumière.
Dans chaque astre tu vois l’image de ton coeur ;

Ce qui est essentiel se discerne sans peine.
Même si sa planète est petite et lointaine,
Le prince a dans ses yeux le reflet de la fleur.

Cochonfucius

Marceline voit une rose

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Couverture du Petit Prince

Le petit prince, épris d’une rose éphémère,
En garde le portrait dans son coeur palpitant,
Aussi léger qu’une ombre ; il en a peur, pourtant,
Et parfois n’ose plus refermer ses paupières.

Le jour de son départ, elle l’avait deux fois
Appelé faiblement, et d’une voix tremblante.
Des volcans surgissait une fumée brûlante
Et le prince n’a pas entendu cette voix.

Terre, sois à son corps douce comme une mère.
Aviateur, prends son deuil, tu lui servis de père ;
Compose le portrait de cet enfant sérieux.

Les lecteurs apprendront, en lisant cette prose,
Comment tu fus ami de l’amant de la rose
Qui de la rose avait le reflet dans ses yeux.

Cochonfucius

Vigne du charpentier

beaune

Image du blog Herald Dick Magazine

Bon charpentier, sur un lopin de terre,
Pousse ta vigne, aux ceps déjà fort vieux ;
Le fruit survient, à la grâce de Dieu,
Pour ta famille et pour tous ceux qui errent.

Ce ne sont pas de beaux produits de serre ;
Car le soleil leur verse trop de feu
Qui devient sucre au coeur des raisins bleus,
Un empereur ne les goûterait guère.

Mais ton épouse au long des sentiers bas
Tient une grappe, et ne s’en prive pas,
Partageant tout avec le Fils de l’Homme.

Il grandira ; le vin qu’il versera
Sera le sang qui nous rachètera,
Quand frappera la justice de Rome.

Cochonfucius

Démon de vigne

bilingue

image de l’auteur

Près de de Saint-Émilion vit un démon de vigne ;
Il voudrait qu’une fois, le vin devînt son sang,
Mais il a beau vouloir, il n’en voit aucun signe.
Son don de magicien n’est pas assez puissant.

Il a versé le jus dans une cruche en terre ;
A pris la vitamine à dose de cheval,
A demandé au vent de bien vouloir se taire,
Mais rien ne sort de là, ça fait du vin normal.

Prononçant à nouveau les magiques paroles,
Il joint à la mixture un peu de sang de porc
Qu il a tiédi au feu, dans une casserole.
Ce fils de charpentier, grogne-t-il, est trop fort.

Cochonfucius

Forêt

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Pierre de Ronsard (1524-1585)
Elégies, XXIV
« Contre les bûcherons de la forêt de Gastine »

Écoute, bûcheron, arrête un peu le bras;
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?
Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ?
Forêt, haute maison des oiseaux bocagers !
Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers
Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière
Plus du soleil d’été ne rompra la lumière.
Plus l’amoureux pasteur sur un tronc adossé,
Enflant son flageolet à quatre trous percé,
Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette,
Ne dira plus l’ardeur de sa belle Janette.
Tout deviendra muet, Echo sera sans voix ;
Tu deviendras campagne, et, en lieu de tes bois,
Dont l’ombrage incertain lentement se remue,
Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue ;
Tu perdras le silence, et haletants d’effroi
Ni Satyres ni Pans ne viendront plus chez toi.
Adieu, vieille forêt, le jouet de Zéphire,
Où premier j’accordai les langues de ma lyre,
Où premier j’entendis les flèches résonner
D’Apollon, qui me vint tout le coeur étonner,
Où premier, admirant ma belle Calliope,
Je devins amoureux de sa neuvaine trope,
Quand sa main sur le front cent roses me jeta.

Et de son propre lait Euterpe m’allaita.
Adieu, vieille forêt, adieu têtes sacrées,
De tableaux et de fleurs autrefois honorées.
Maintenant le dédain des passants altérés,
Qui, brûlés en l’été des rayons éthérés,
Sans plus trouver le frais de tes douces verdures,
Accusent tes meurtriers et leur disent injures.
Adieu, chênes, couronne aux vaillants citoyens.
Arbres de Jupiter, germes Dodonéens,
Qui premiers aux humains donnâtes à repaître ;
Peuples vraiment ingrats, qui n’ont su reconnaître
Les biens reçus de vous, peuples vraiment grossiers
De massacrer ainsi leurs pères nourriciers !
Que l’homme est malheureux qui au monde se fie !
Ô dieux, que véritable est la philosophie,
Qui dit que toute chose à la fin périra,
Et qu’en changeant de forme une autre vêtira !
De Tempé la vallée un jour sera montagne,
Et la cime d’Athos une large campagne ;
Neptune quelquefois de blé sera couvert :
La matière demeure et la forme se perd.

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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