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L’ambivache rumine, elle n’a pas sommeil ;
Et jamais le discours du serpent ne la touche,
Sans craindre le péché sous l’arbre elle se couche,
Laissant sur elle choir deux ou trois fruits vermeils.
Or, pour les passereaux, le cas n’est pas pareil,
Car leurs péchés jamais sur l’enfer ne débouchent :
Dieu préserve l’esprit de ces oiseaux farouches,
Chacun plus pur qu’un ange ou que le clair soleil.
Le fruit ne pourra pas gâcher leur âme pure ;
Cette âme qui jamais ne peut se montrer dure
Sait ignorer la honte et sa froide pâleur,
Des pommes pour festin, une danse amoureuse.
La vache sourit comme une Ève bienheureuse
Et point ne quittera ce jardin, ni ses fleurs.
