Roue à crépuscules

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image de l’auteur

Cette roue est âgée, presque autant que l’enfer ;
Elle connaît le Nil où des reptiles pleurent,
Elle comprend aussi que ce pleur n’est qu’un leurre
Plus traître que le cri d’un fauve, et plus amer.

La rivière est maudite, et la roue est meilleure ;
Le grand cours d’eau versant ses larmes dans la mer
Ne sait pas rester pur, se trouble d’heure en heure,
Le craignent les marins dans leur vaisseau de fer.

Ils sont remplis de crainte, ils naviguent quand même;
Le marin, certains jours, se voit bien en martyr,
Il veut se montrer noble au moment de partir.

Or, l’eau de la rivière est impropre au baptême
Et les noyades sont mauvaise ébriété,
Ainsi songe, en tournant, la roue d’éternité.

Cochonfucius

 

Charpentiers, père et fils

toit-bleu

image de l’auteur

Travaillant encore et encore,
Ils ne voient pas le temps qui fuit.
Ouvrant leur chantier à l’aurore,
Ils le closent quand vient la nuit.

Braves pêcheurs sur les rivages,
Nobles bergers en haut des monts,
Paysans guettant les nuages,
Anges, dieux, vestales, démons,

Le fils, le père, il faut le croire
Vous serviront de tout leur coeur
Sans réclamer la moindre gloire,
Sans rien… tout juste le bonheur !

Cochonfucius

Jamais sur mon berceau

Johanne

image de Pierrette

Jamais sur mon berceau tu n’as penché ton front
Et ton regard jamais n’a couvé de tendresse
Le bébé rose et blond qui vagissait au fond,
Qui n’a jamais reçu de ta main de caresse…

Jamais tu n’as étreint tout contre ta poitrine
En reposant sa tête au creux de ton épaule
Cette petite fille enjôleuse et mutine
Dont la mère arborait un sourire un peu drôle.

Jamais tu n’as posé de baiser paternel
Sur mes joues où souvent, lors de l’adolescence,
Les larmes scintillaient épandant l’âpre sel,
Pour consoler ma peine en pleine effervescence.

Et tu n’étais pas là pour guider de ton pas
La trop jeune épousée, entrant dans cette église,
Qui aurait tant voulu reposer sur ton bras
Son grand bonheur de femme à cette heure précise.

Jamais sur son couffin tu n’as penché ton front
Et tu n’as pas connu la fierté du grand-père
En prenant dans tes bras le petit garçon blond
Le jour où loin de toi je suis devenue mère.

Aujourd’hui étant vieux, tu te retrouves seul
Avec des souvenirs où je n’ai pas ma place
Tu n’as que des regrets alors que sur le seuil
De la mort, esseulé, ton cœur fait volte-face.

Et le mien, sans ciller, t’accorde son pardon…
Heureuse je me dis : « Enfin voici mon père ! »
Remerciant le ciel de la vie où le don
De l’amour paternel magiquement opère !

Johanne Hauber-Bieth
(Cannes, Alpes-Maritimes, France)

Note de l’auteur : Mon père m’a reconnue « officiellement » le 25 avril 2000 puis est décédé le 15 juin de la même année…

Shakespeare, sonnet CXI

ovjy

image de Cochonfucius

O! for my sake do you with Fortune chide,
The guilty goddess of my harmful deeds,
That did not better for my life provide
Than public means which public manners breeds.

Thence comes it that my name receives a brand,
And almost thence my nature is subdued
To what it works in, like the dyer’s hand:
Pity me, then, and wish I were renewed;

Whilst, like a willing patient, I will drink
Potions of eisel ‘gainst my strong infection;
No bitterness that I will bitter think,

Nor double penance, to correct correction.
Pity me then, dear friend, and I assure ye,
Even that your pity is enough to cure me.

 

*  *
*

Ha ! ne me blâme plus, mais blâme mon destin
De tout ce que je fis de laid et de coupable !
Car lui seul enfonça mes pieds nus dans le sable
Où je m’enfonce, sans nul secours du lointain.

Ne me blâme donc plus de ce regard hautain
Qui pèse ma pensée et me juge et m’accable !
On a menti… Je suis le jouet de la fable,
Et l’on raille en parlant de moi dans un festin.

Ton regard clair me trouble et me décontenance.
Oui, je le sais, j’eus tort en mainte circonstance,
Et, très pieusement, je rougis devant toi.

Mais partout la Douleur m’a traquée et suivie.
Ne me blâme donc plus, chère ! console-moi
D’avoir si mal vécu ma lamentable vie.

Renée Vivien

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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