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C’est lui qu’on doit vider aux jours de grande fête ;
L’échanson le remplit de son geste assuré.
Sur l’antique bouteille un scribe a figuré
«Hoc est sacramentum», parole d’un prophète.
Arrosant la victoire et noyant la défaite,
Mais conservant toujours un débit mesuré,
Les convives oublient les labeurs endurés
Ainsi que les tourments d’une vie imparfaite.
Ils songent au destin de Bacchus renaissant
Qui triomphe, entouré de silènes puissants,
Comme un bois vert renaît d’une forêt brûlée.
Presque sobre est resté l’ascète méditant,
Mais il profite mieux de la voûte étoilée
Quand il peut déguster ce nectar éclatant.
