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C’est l’aigle garde-chasse, un valet redoutable,
Traquant le carnivore et bannissant le loup ;
Même un rusé rongeur, minuscule filou,
Par lui sera saisi, car c’est inévitable
Mais il n’en mange point, ce n’est pas à son goût,
Pas plus qu’il ne mordrait le veau dans son étable ;
Il préfère avaler les reliefs de la table,
Un morceau de fromage, un reste de ragoût.
Il aime s’élever de quatre cents coudées
Pour, s’approchant du ciel, y trouver des idées
Ou pour suivre d’en haut les coursiers au galop ;
Il semble être porteur d’un poème ou d’un drame,
Car son coeur est jaloux, tel celui d’Othello ;
Léda m’en a donné sa parole de femme.
