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Le fier acrocéros est le maître du monde
Car tous ses ennemis sont partis, sans retour ;
Son corps majestueux s’expose aux feux du jour
Ou, pour se rafraîchir, trempe ses pieds dans l’onde.
S’il nous fait un discours, c’est d’une voix qui gronde ;
Mais la plupart du temps, il se tait, dans sa tour
Qui s’approche du ciel où planent les vautours,
Eux qui sont à l’affût des carcasses immondes.
Le démon du désert, chaque fois qu’il le voit,
Le trouve ridicule et le montre du doigt ;
Le bel acrocéros le chasse à coups de pierres.
Il règne, incontesté, sur la friche du temps,
Sur les palais en ruine et sur les cimetières ;
Mais il n’a pas soumis le démon voletant.
