
Ce rhapsode, d’abord, était heureux de vivre ;
Avec ses longs cheveux qui flottaient dans le vent,
Sur les fleuves de Chine il allait dérivant,
Ayant sur son radeau bouteilles et vieux livres.
Si la rive portait un sombre cimetière,
Il récitait tout bas les prières des morts,
Leur disant : Dormez bien, le monde oublie vos torts
Et la terre reprend votre auguste matière.
Si le fleuve passait auprès d’une terrasse,
Il trinquait d’assez loin avec tous les buveurs,
Et puis, il reprenait son parcours de rêveur
Limpide, comme l’est le grand fleuve qui passe.
