Un instant

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Aquarelle de Zao Wou Ki

Faire que chaque instant vibre, comme éternel ;
Flotter au fil du vent comme au ciel un nuage,
C’est de l’esprit humain le plus bel apanage
Dont il fait profiter son compagnon charnel.

Pas besoin pour cela de vieux calculs formels.
Juste fixer les yeux sur une belle image,
N’importe le format, portrait ou paysage,
Et suspendre le temps est un jeu naturel.

J’entends, tu me diras que c’est une illusion,
L’homme dans l’éternel ne peut faire intrusion,
Ce jeu n’arrête pas l’horloge meurtrière.

Laissez-moi y plonger, malgré tout, mon esprit.
Lorsqu’un homme médite, ou qu’il chante, ou qu’il rit,
Son âme est hors du temps et de la fourmilière.

Cochonfucius

Baron lézard d’azur

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image de l’auteur

Au milieu du jardin somnole un lézard bleu,
De lumière et de paix son âme est assoiffée ;
Il aime fréquenter la friche ébouriffée
Où je le vois souvent, mais jamais quand il pleut.

Je l’aime, moi aussi, ce jardin lumineux
Où plus d’une tonnelle est de lierre étoffée ;
La mésange y paraît, vive petite fée,
Ainsi que le ramier, bien plus volumineux.

L’esprit de ce lézard, tout le jour, s’illumine
De la beauté des sols sur lesquels il chemine
Ou se tient arrêté, serein contemplatif.

Il ne demande pas que j’en fasse un poème,
Mais, dommage pour lui, je n’ai pas d’autre thème ;
Il me regarde écrire, il est dubitatif.

Cochonfucius

Tour ésotérique

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image de l’auteur

En la tour se produit un mystère subtil
Sur lequel, cependant, je ne peux rien écrire ;
Et prenez garde à ceux qui vous l’offrent à lire,
Dont le coeur et l’esprit sont pervers, semble-t-il.

Ils disent qu’un miracle est un poisson d’avril,
Ils goûtent le sacré, mais ils ne font qu’en rire,
Mêlant dans leurs propos le meilleur et le pire ;
Eux qui de la magie font un commerce vil.

Laissez-les s’égarer dans leur vaine risée
Qui en grande sagesse est bien mal déguisée ;
Car d’un projet stupide, ils sont les techniciens.

Lisez donc des anciens les discours véritables,
Sans oublier d’avoir bouteille sur la table ;
Ainsi vous monterez au ciel platonicien.

Cochonfucius

Danse avec Mallarmé

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Toile de Guido Borelli

Mallarmé, plein de mystère,
Ta plume fait louvoyer
La sémantique arbitraire
Des mots que tu sais ployer.

Le lecteur un sens y guette ;
L’isotopie a des trous.
Il faudrait, d’une baguette
Désenchanter ces garous.

Mais un traducteur tenace
Trace des vers en béton
Et de comprendre menace
(Mais seulement, le peut-on ?)

La version qu’il a sortie
Est lumineuse, en partie.

Cochonfucius

 

Plaisirs

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Photographie de JBB (droits réservés)

De tant de doux plaisirs ma vie fut étoilée !
Des chemins de hasard, des livres à foison,
Nourriture et boisson franchement avalées,
Je n’ai point trop souffert de la rude saison.

Des rayons de soleil entre les giboulées,
Un jardin ramenant de belles floraisons,
Mille pages d’album, de sonnets constellées,
Des compagnons venant de tous les horizons.

Au milieu du gazon, la tendre pâquerette
Illumine le jour, tout en restant discrète,
Et nous fait oublier la façade en béton.

Partageant le café, la libraire voisine
Sourit en découvrant l’album de Mélusine
Qu’elle vient de sortir d’un énorme carton.

Cochonfucius

Aulnois en Perthois

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image de l’auteur

Je songe à ton village, ainsi qu’à toi, Pascal,
À l’inframonde obscur où j’irai te rejoindre,
Deux polytechniciens dont l’importance est moindre
Que celle d’un Nobel, médaillé de cristal.

Tu as été pour moi ce grand frère amical
Dont plus rien, aujourd’hui, ne saurait me disjoindre
En ces jours que le deuil vient ravager et poindre ;
Mais ces vers ne sont point un sonnet sépulcral,

Car tu as cinq enfants, par qui tes regards vivent,
Cinq enfants qui sont sûrs de la route qu’ils suivent,
Et pleurer avec eux soulage mon vieux coeur.

En souvenir du temps de nos errances fières,
J’irai boire à l’auberge un grand verre de bière ;
J’en offrirai un autre au tavernier songeur.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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