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De gueules, ce Bouddha médite sans effort,
Il est sur sa colonne, il n’en veut pas descendre ;
Au-dessus des jardins de poussière et de cendre,
En un petit espace, il a son réconfort.
Dans un profond silence, il entend les accords
Du cosmos qui partout en lui semble s’étendre ;
Il ne se croit pas seul à pouvoir les entendre,
Ni seul à profiter du céleste décor.
De son ancienne vie, qui sait ce qu’il en reste,
Le murmure d’un mot, le souvenir d’un geste,
Peut-être aucune chose, ou peut-être un peu tout.
Les bouddhas ne sont point bâtisseurs de royaumes,
Ni là pour gouverner des peuples de fantômes ;
L’esprit qui les anime est très sage et très fou.
