
Hortus Closus 4-1-15
Ce lotus est originaire
D’un vieux système racinaire,
Sa pureté nous fait l’offrande
De sensations subliminaires.
Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)
Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Image d’Herald Dick
Des remparts, mais aussi des grillages, des trappes,
Il est bien défendu, ce redoutable lieu !
En fortifications, Vauban ne fit pas mieux,
Cet endroit n’est pourtant qu’un palais de satrape.
Le maître de ce bourg se prend-il pour un pape ?
Il ne prie pourtant pas, il traîne dans son pieu,
Content de s’en remettre à la grâce de Dieu,
Lequel lui garantit de plaisantes agapes.
Quelques vins capiteux arrosent les bons plats
Dans la salle à manger qu’illumine l’éclat
Des lustres de cristal, véritables merveilles ;
C’est dimanche, aujourd’hui, je reçois mes voisins,
Ceux qui ont récolté des tonnes de raisin
Dont nous boirons, ce jour, le nectar en bouteilles.

Clément de la vigne eut l’amour,
Aussi de la bouteille ;
Aux bons raisins il eut recours,
C’est douceur nonpareille :
Le cépage il a toujours su
Dont est breuvage issu.
Héphaïstos, aimable dieu,
Sait boire sous sa tente ;
Quand elle a goûté du vin vieux,
Son épouse est vaillante :
Au grand Arès, en sa saison,
Elle a rendu raison.
Dionysos même le savait,
Il faut bénir la vigne ;
Et plus d’un buveur le suivait,
Témoin en sont ces lignes :
Et si vous êtes ainsi nés,
Vous êtes fortunés.

Corbeau qui perdit son fromage
D’en trouver d’autre avait souci ;
Il allait, honteux et transi,
De la désolation l’image.
Manger des raisins le soulage,
Voir souffrir le renard, aussi ;
Un calendo, même durci,
Le satisferait davantage.
C’est du corbac l’infirmité :
Plus rien ne peut-il méditer
Que son infortune passée.
Oiseau noir, médite à loisir !
Ça peut corrompre ton plaisir,
Mais ça renforce ta pensée.

image de l’auteur
Une vigne d’antan mûrit en ma mémoire,
Ployant sous son feuillage et ses raisins de moire ;
Et l’aube en un jardin, quand le ciel devient blanc
Et que l’ondine parle au loup d’azur tremblant,
L’herbage combinant sinople et rutilance
Où se promène un monstre empli de nonchalance,
Et le dolmen d’un troll, échafaudage ancien
(On a souvent voulu savoir comment il tient) ;
Combien j’aime revoir ces formes familières,
Quand le ressouvenir leur offre sa lumière !

image de l’auteur
Cette intervention parle de la culture acquise par la fréquentation du gyrovague et des autres versificateurs.
Nous allâmes visiter le gyrovague dans son atelier au sous-sol, qui s’appelait alors le grenier, ou le garage, avant que les escargots ne le rebaptisent à la berlue septième du tremblement huitième sous le règne du roi des cloportes. (Ce monarque était un cloporte immonde des temps préhistoriques, qui était parfaitement antipathique à tout le monde). Le gyrovague entamait alors ce qui devait être connu plus tard comme sa “période flamboyante”, mais mon chameau et moi prîmes des photographies de son antre, ce qui fait qu’il ne commença cette période fameuse que dix minutes plus tard. Comme elle devait durer deux cents ans, ces dix minutes n’eurent pas une importance excessive.
Le gyrovague était un petit rhinocéros qui avait une drôle de façon de galoper en plaçant un pied devant l’autre et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il exécute ce qu’il appelait des “grands bonds en avant”. Nous rîmes beaucoup de ces pitreries inoffensives, mais sur ce site, il y a très peu de ces occasions de rire.
— Laissez-moi tranquille, dit le gyrovague. J’étais en train de méditer. J’éprouvais quant à moi le sentiment que le gyrovague avait raison : il était en train de méditer.
Si je me souviens aussi parfaitement de tous ces événements, c’est parce qu’ils se déroulèrent juste avant la longue nuit que nous passâmes tous dans un petit placard vert, là où la confiture de flammes surgissait par intervalles, et où elle disparaissait aussi soudainement.
Le gyrovague venait de la province emplumologique, et le chameau se plaisait à dire que seul un emplumologue véritable pouvait se comporter comme il le faisait ; c’est-à-dire qu’il rendait parfois visite à ses disciples en Emplumologie. Tout ce bazar était réellement crapuleux à voir et à entendre.
Je me rappelle un après-midi, où nous étions de nouveau dans le placard vert, avec nos pieds dans la confiture, quand le chameau se mit à dire :
— Le créateur du monde rugit du haut du ciel nocturne, du fond de sa demeure sainte, il fait retentir sa voix ; il pousse des rugissements contre le lieu de sa résidence. Il lance des clameurs, comme les fouleurs du raisin, vers tous les habitants de la terre.
Le gyrovague trouva la réflexion très drôle. Que ne suis-je doué de son sens de la blague !

image de l’auteur
Pays du monstre d’or, pays comme les autres,
Quelques champs de sinople et des cours d’eau d’azur,
Vieux arbres, vieux buissons, vieux chemins et vieux murs ;
Le monstre est fatigué, dans l’herbage il se vautre.
Dans l’inframonde rouge, on voit le Maître Cygne ;
Il se montre, entouré de créatures d’or
Qui boivent du bon vin et chantent un peu fort,
Aucun voisin ne râle, entends-tu, c’est bon signe.
Encore un jour qui passe, un jour de canicule,
Je l’orne du blason de ce pays banal ;
Je ne compose pas son hymne national,
De peur de composer un hymne ridicule.

image de l’auteur
Un soleil triple, et pas d’humains,
Quel curieux genre de planète,
Quarante pommes de rainette
Et pas une paire de mains.
L’arbre est présent, avec son fruit,
L’humanité en est absente ;
Qui faudra-t-il donc que je tente,
À qui ferai-je des ennuis ?
Ainsi songeait un vieux serpent
De sinople parmi les branches,
Se désolant dans l’aube blanche
De son astre sans habitants.

image de l’auteur
Astre de marbre et d’or qu’un calcul dévoila,
Quelle vie sur ton sol est-elle déjà née ?
Et combien dure un jour ? combien dure une année ?
Voyez l’exopanète, amis, admirez-la.
Quelle faune fossile, enfants, gît-elle là ?
Vit-on, dans un jardin, une Eve infortunée ?
Les villages ont-ils des maisons surannées ?
Trouve-t-on un Hugo qui en mer s’exila ?
J’irai te visiter, ô planète charmante,
Je saurai si ton ciel est chargé de tourmentes,
Si l’automne naissant change la feuille en or.
Je verrai si tes rois choisissent des amantes,
Si ton peuple connaît des histoires démentes,
Si ton vin est servi, pas plus haut que le bord !

image de l’auteur
Dans le grand ciel d’argent est un oiseau fantôme
De sable qui, le soir, jongle avec des atomes ;
Et le beau ciel de pourpre a des renards d’argent
Transmettant des récits qui font rire les gens.
Il est un autre ciel où les soleils s’égarent,
Passant de l’est à l’ouest, ainsi, sans crier gare,
Passons-leur, cependant, ces quelques libertés :
C’est peut-être à ce prix qu’on obtient leur clarté.
Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.
Pour vivre heureux, vivons cachés
Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.
"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.
écoutons à l'infini...
... le premier matin du monde est aujourd'hui ...
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