D’argent à trois feuilles de sinople

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Un modeste blason qui de trois feuilles s’orne,
Un emblème banal, à bien d’autres pareil ;
Il n’y figure point de monstre à mille cornes,
Ni l’impossible fleur qu’on voit dans le sommeil.

Quand je le vois, je songe à des jardins sans bornes,
Au pampre d’une vigne, à du lierre vermeil ;
Et je songe à flâner loin de la ville morne,
Pensif sous un nuage, heureux sous le soleil.

Un saule près de l’eau fleurit pour un ondin,
Un lézard nonchalant rampe sur un rondin ;
Les fleurs ne disent rien, l’univers est tranquille.

Le vent fait avancer des rides vers le bord
De cette onde paisible, immuable décor ;
Tout ça m’est inspiré par ces feuilles subtiles.

Cochonfucius

Sans rechercher le temps perdu

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Toile de Svetoslav Stoyanov

Le temps jamais ne parle, et n’a point de visage.
Il nous défait, sans même entreprendre un combat ;
Comme dans la tourmente un vieil arbre s’abat,
Laissant indifférent l’agreste paysage.

À chacun d’entre nous d’accepter ses ravages.
En quittant nos régions, nous ne le fuyons pas ;
Le sombre métronome, allant d’un grave pas,
Se fait entendre aussi sur les lointains rivages.

En arrière de nous est un temps déjà long,
Nous en avons perdu les plus anciens jalons,
Premières excursions et premiers pas de danse.

Acceptons ce déclin, c’est le jeu, c’est la loi.
Restent quelques sonnets, qui sont de peu de poids,
Pour servir de témoin à nos brèves présences.

Cochonfucius

 

Cher Temps

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image de l’auteur

J’aimerais que tu tapes du poing une bonne
Fois pour toutes sur la table, pour qu’abandonnent
D’un coup, leurs multiples écrans, toutes les personnes.
Tu mettrais  les pendules à l’heure, qu’elles sonnent

Le glas des rencontres artificielles, bonnes
Tout juste à étouffer le charme du hasard
Qui fait parfois si bien les choses!  Luronne
Ou Nonne, peu lui importe car  le bizarre

N’est pas dans sa logique. Ce qui compte pour
Lui c’est l’espace. Alors cher Temps, laisse les gens
Prendre le temps de retrouver l’intelligent

Chemin de la vie, le seul dans lequel l’amour
Peut cheminer, toujours patient et indulgent.
Paradoxalement, cela me semble urgent.

Pierrette

 

Goudeau voit une ombre

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Toile de Dali

L’homme, pour subsister, a jadis combattu
La faune, utilisant pour armes ses idées.
Même, ses inventions, quelquefois débridées,
Ont pu mettre en danger ce citoyen têtu.

Nu qu’il était jadis, le voilà bien vêtu,
Puis voilà sa raison bien ferme et bien guidée,
Qui rarement se voit par l’ombre intimidée :
Cela fait si longtemps qu’elle en a débattu.

Même, on sait abreuver de mots la galerie,
Car tout ce qui fait peur, il faut que l’on en rie
(Et mieux rira celui qui le dernier rira).

Elle est bien là pourtant, l’angoisse souterraine ;
Mais nous lui opposons la poésie sereine
Qui autant fleurira que la vie durera

Cochonfucius

Rimbaud voit une ombre

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Toile de William Hamilton

Rimbaud dit cette prose, amoureux d’une Hélène
Qui fait monter en lui la sève de printemps ;
Elle est répétée par la rumeur du torrent
Sous la ruine des bois, comme une cantilène.

Or, l’ombre a frissonné pour cette amour humaine ;
Ainsi qu’une légende au fond du ciel si grand.
Rimbaud s’est égaré dans cet éclat dansant,
Au plaisir du décor qu’abreuve une fontaine.

Cochonfucius

Véronique

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Toile de Frans Francken le jeune

Le fils du charpentier savait parler aux femmes,
Leur montrant le Royaume en termes pas trop durs
(Même si, par endroits, c’était un peu obscur) ;
Ce qu’il disait trouvait un écho dans leur âme.

Il guérissait la crainte ainsi que l’anémie.
Parfois, rien qu’en touchant son habit velouté,
Une malade a pu retrouver la santé,
Ou du moins, de son mal, ressentir l’accalmie.

Au méchant tribunal sa cause a succombé ;
Il a porté le bois trop lourd, il est tombé :
C’est une femme, alors, qui vient et le soulage.

Elle se tient au bord du long chemin de croix ;
Sur un morceau de toile elle applique ses doigts
Pour un peu rafraîchir ce douloureux visage.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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