Barde chimérique

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Peinture chinoise

Barde écrivant dans un coin sombre ;
Tant de lectures en amont !
Tant d’écrits de penseurs profonds,
Tant d’amours que dévore l’ombre.

Son crâne où des images vont
De-çà, de-là, formes sans nombre,
Vrais monstres au coeur des décombres,
Poissons des abysses sans fond !

Soudain, dans cette folle tête,
Prend fin la terrible tempête
Qui désolait cet univers ;

Ainsi qu’après une avalanche
Se montre en paix la neige blanche,
Ainsi se montre un joli vers.

Cochonfucius

Presque pas

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Sculpture de Roberto Canduela Luengo

À Fontainebleau,
À l’hôtel du Pluvian Noir,
Dort un minotaure ;

Il ne rêve presque pas,
Car sa cervelle est bovine.

Un peu tout autour,
Une forêt pleine d’arbres
Avec des clairières

Où se reposent les fées
Qui au minotaure songent.

Bonheur et malheur
Ne diffèrent presque pas :
C’est tout dans nos têtes,

Petit crâne de la fée
Ou joyeuse tête à cornes.

Cochonfucius

Acknowledgements

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Coupure de presse

Cette intervention présente les remerciements du rédacteur de ces pages à ses collègues et à ses camarades.

Premièrement, nous remercions les anguilles apatrides qui ont efficacement entreposé les états intermédiaires de ce document. Leur patience fut admirable.

Deuxièmement, nous remercions les solipsistes mélomanes qui ont compté les criquets dans la nuit obscure. Leur perception du monde sonore est inimitable.

Troisièmement, nous remercins le roi minutieux qui a nommé les gouffres. En plus, ce sont des noms poétiques !

Quatrièmement, nous remercions la marmotte insulaire qui a stabilisé les paysages. Voilà un travail magistral, et qui plus est, dans les délais prévus.

Cinquièmement, nous remercions le bouffon loquace qui a trouvé la devinette. Ce n’était pas une chose facile.

Sixièmement, nous remercions la muse désinvolte qui a délimité les structures. C’est un véritable succès artistique.

Septièmement, nous remercions le patriarche sylvestre qui a transcendé les pulsions. Il a procédé avec la rigueur la plus impeccable.

Huitièmement, nous remercions la chimère de sinople qui a calibré les phrases. Un travail qui mérite un vibrant hommage.

Et nous prions les créatures qui ne figurent pas sur cette page d’accepter aussi nos remerciements.

Cochonfucius

Accoutrement

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De deux vieux sacs de blé, je tisse un pantalon
Puis, deux gerbes de foin en guise de chaussettes.
Les souliers seront faits en plumes d’avocette
Les lacets en chiendent, bien verts et pas trop longs.

Chemise ni manteau, et non plus de chapeau :
Mais une longue écharpe en feuilles de mélèze
(Car c’est ce matériau qui me met plus à l’aise) ;
Vers le Quartier Latin je m’en vais boire un pot.

Le tavernier m’a dit que ma tenue d’avril
Pour affronter la pluie était un peu légère ;
Mais c’est dans ma nature, il faut que j’exagère ;
J’attends le mois de mai pour me couvrir d’un fil.

Cochonfucius

Labyrinthe onirique

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Victor Segalen fuit dans la métaphysique,
Certains disent de lui que c’est un fou mystique ;
Mais lui poursuit toujours son chemin, sans façon,
Méditant, silencieux, les mots d’une chanson.

Égarant le Midi, point ne perd-il le Nord,
Point ne cédera-t-il au doute qui le mord ;
Il circule aux confins d’une ville éternelle
Dont la foule, jamais, ne se montre cruelle.

Il aide les Chinois lors de leurs jardinages ;
Il partage avec eux d’aimables badinages,
Sachant pertinemment que dans les distractions
Sont les puissants ressorts des futures actions.

Quand, à la fin du jour, il est vraiment perdu,
Il note les idées dont il s’est souvenu,
Et même celles qui ne sont vraiment pas claires,
Il leur fait une place au sein de son glossaire.

Cochonfucius

Autre hommage au maître Angelus Silesius

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Extrait de “The Mill and the Cross”

Ne cherche plus, penseur, le pourquoi de la rose,
Car voici bien des jours que la question est close.

Si, sur ton long chemin, tu portes un trésor,
Donne à son emballage un modeste dehors.

Apprends à savourer la douceur du silence :
Cultive, pour cela, la douce nonchalance.

Apprends à délaisser ce qui est accompli,
Plus fort que la mémoire est bien souvent l’oubli.

Ne plains pas, sur le sol, les feuillages d’automne :
Car ils ont accompli ce que Nature ordonne.

Ne regrette jamais que tes amis soient loin,
Si en esprit, parfois, le soir, tu les rejoins.

Ce monde offre partout d’étonnants paysages,
Apprends à les goûter, comme un enfant sauvage.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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