
Dessin de Raymond Peynet
Ce forum, il ressemble à un jeu de marelle
Dans une cour d’école où le sol est usé,
Et les murs de la cour portent des aquarelles.
Attentifs les joueurs, sur le parcours penchés.
Plus tard leur reviendra, au lit, en s’endormant,
Un endroit merveilleux où rien ne sut compter
Que la facile piste où, malgré le serpent,
La voie du paradis est bonne pour Adam.
Jamais rien n’avait lieu en ce jardin mystique.
Pas de meurtre, de vol, ni de fornication,
Or l’endroit est pourtant hautement prophétique
Des grands bonheurs des gens et des malédictions.
Car nos désirs ne sont guère que des cailloux
Valant moins qu’un centime et bien moins qu’un radis.
On fait feu de tout bois quand on est un voyou,
On veut de la donzelle un « encore », un « merci ».
Un amour partagé n’est pas de la fiction,
Ce n’est pas une arnaque et ce n’est pas un jeu.
C’est la vie, c’est la mort, et c’est notre passion
Sous les regards pensifs des tristes envieux.
Ce qui compte vraiment, bien sûr, c’est les affaires.
Consacrons-leur toujours notre imagination,
Gardons, si nous pouvons, un peu les pieds sur terre ;
Trop d’amour peut conduire à la désolation.
* * * * *
