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Le dieu, qui peut bénir la vigne que tu plantes,
Verse dans une amphore un honnête vin blanc ;
C’est ce que j’ai cru voir dans un rêve troublant,
Au lit que partageait ma muse nonchalante.
Était-ce, dis-moi, l’un de ces songes qui mentent ?
Je pose la question dans mon coeur indolent.
Même si cette amphore était un faux-semblant,
Je remercie Bacchus pour l’image charmante.
Ce vin, qui fermenta dans la cuve profonde,
Rend mon esprit fertile et ma plume féconde ;
Je remplis bien mon verre, et tout va pour le mieux.
En l’honneur de la soif qui veut être assouvie,
En l’honneur du loisir, en l’honneur de la vie,
Taisons-nous et buvons, c’est le plaisir des dieux.
