
Composition de l’auteur
La pantoufle d’argent se porte aux jours de fête,
Lorsque les bateleurs sur scène font des tours ;
De gueules pantouflé, l’évêque en grands atours
Séduit une vestale, une muse parfaite.
La pantoufle d’azur arpente, satisfaite,
L’incroyable douceur des tapis de velours ;
Pantouflé de sinople, un bouffon de la Cour
Fait rire un vieux noceur à la mine défaite.
Une pantoufle d’or, instrument du destin,
Conduit vers le triomphe un chétif palotin ;
La pantoufle de sable habille et transfigure
Dans le coeur de la nuit, le pied d’un dieu païen ;
La pantoufle d’hermine, en voulant rester pure,
Dormant dans son placard, ne contribue à rien.

Une réflexion sur « Les sept pantoufles »