Ange étrange

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Illustration Desiree Matingly

L’horizon est neigeux, on y observe un ange.
Il tremble en écoutant siffler la sombre Mort
Qui durement lui parle, et par endroits le mord.

Il ne se défend point, cela me semble étrange.
On le dirait plongé dans un rêve amoureux,
Ou en train d’écouter des propos savoureux.

Il persiste, il avance : et vois, la Mort recule,
Elle s’enfuit au loin, ayant perdu la foi
Dans son pouvoir maudit (ça se peut, quelquefois).

L’ange s’éloigne aussi ; triomphal, comme Hercule
Ayant vaincu le lion de ses puissantes mains ;
Et je le vois sourire aux herbes du chemin.

Cochonfucius

Sagesse du dragon

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Composition de l’auteur

Du ciel ou de la terre, il ne craint nul danger,
Le dragon polychrome aux allures sereines ;
Cependant, les sept mers abritent des sirènes
Dont il redoute un peu les hymnes étrangers.

Si le son de leurs voix brisait son vol léger,
Il flotterait dans l’onde, ainsi qu’une baleine,
Sans pouvoir regagner le nuage ou la plaine ;
À ce sort effrayant, son coeur n’ose songer.

La sirène, dit-on, de sa crainte se joue ;
Elle compose un chant qui exalte et qui loue
La sage retenue du dragon, pourtant preux.

Son cousin le dauphin, cet interprète agile,
Traduisit la chanson en langue de Virgile.
Le dragon nous a dit : « Pour moi, c’est de l’hébreu ».

Cochonfucius

Heredia dans un village

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Assemblage de l’auteur

Un jour je reverrai mon village natal
Le beffroi musical, l’église un peu hautaine,
Les bateaux sur le lac et leurs doux capitaines,
Et la brise du soir qui n’a rien de brutal.

De nouveaux bâtiments de verre et de métal
Occupent à présent cette terre lointaine,
Arborant fièrement une enseigne, une antenne,
Et les riches couleurs du monde occidental.

Devrai-je alors partir, de façon plus épique,
Vers un village vierge, aux abords d’un tropique ?
Je ne me crois point fait pour cet exil doré.

L’aurais-je été, par contre, au temps des caravelles ?
Ces lointains, j’aurais pu, je crois, les ignorer :
La terre familière est pour moi la plus belle.

Cochonfucius

Dame de pluie

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Toile de John Collier

Un jour je suis allé loin d’ici, chez Lilith
Qui habitait, auprès d’un lumineux rivage,
Dans un vaste palais de marbre et de granit
Et j’étais tout ému d’aller lui rendre hommage.

La compagne d’Adam, heureuse de dîner
Avec un être humain, demanda qu’on lui narre
Le monde que jadis elle avait dominé :
Comment vont les mortels ? Toujours aussi bizarres ?

Et moi, je ne savais quel exemple choisir,
Le génie sarkozyen, les ardeurs villepines ?
Les fils du père Adam délirent à loisir,
Ils sont loin de valoir leurs soeurs ou leurs copines.

Le serpent a choisi plutôt de tenter Eve
Que Lilith, pourquoi donc ? Sans doute, il supposait
Que Lilith n’aurait pas ruiné d’Adam le rêve
En acceptant le noir péché qu’il proposait.

Cochonfucius

Réponse à un appel

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Toile de Edvard Munch

Que jamais ces appels ne perdent leur élan,
Que ceux qui vers le mur ont leur face dormante
Et veulent t’ignorer quand la vie te tourmente
Sursautent dans leur songe, et s’aillent réveillant !

La poésie est là pour montrer le bilan
D’une vie adonnée aux craintes alarmantes,
La poésie n’est pas un recueil de charmantes
Fables pour amuser, dans le soir, nos enfants ;

Vieux comme le langage est le curieux métier
De travailler les mots comme sur un chantier,
Dans le délire et dans les peines éternelles.

Ton poème chargé de révolte et de cris,
Il doit être entendu, pas seulement compris ;
Que se porte vers toi une main fraternelle…

Cochonfucius

Stella Polaris

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Toile de Jan Matejko

Polaris, l’étoile célèbre
Contemple, du fond des ténèbres
Notre monde à présent si vieux.

L’astronome, humble sentinelle,
Écrit aux lueurs des chandelles
Qui se reflètent dans ses yeux.

Eh ! Polaris ! Ce monde est chouette,
J’ai soixante ans et des brouettes
Et j’en souris comme un gamin.

L’astre qui sur ce monde veille
Nullement ne s’en émerveille,
Mais ne contredit pas l’humain.

Conchonfucius

 

Le blason-sonnet de Jade P. de la 5e2

Jade

image de l’auteur

Le lion et sa couronne

Il était une fois un magnifique lion
D’or, beau comme un coeur, brillant, sauvage et royal.
Il n’est que vassal, il veut une situation,
Et menace avec ses griffes qui font si mal.

En chef, il porte une couronne de fiction,
Être un simple lion banal, ce n’est pas normal!
Je vais tous vous dévorer comme le chacal
Car rien ne peut me faire changer d’opinion.

Je veux être  l’unique patron de  savane,
Je ne supporterai jamais que l’on profane
La moindre seconde de tous mes jours  de règne.

Bravo! je vois que tout le monde m’acclame!
Je suis votre nouveau roi, il faut qu’ils me craignent
Je suis le meilleur, j’ai accompli mon programme.

Jade

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Tiercé en fasce, d’azur, de sable, de gueules, au lion rampant, d’or, armé et couronné d’argent, lampassé de gueules.

En réponse à « Tour d’Anti-Babel »

ahkipie

image de l’auteur

Mille rois à la paix s’apprêtent,
Entourés de leurs interprètes ;
Leur tâche n’est pas trop facile,
Mais bien volontiers ils s’y prêtent.*

Surtout que leur tour est proprette!
Car les ménagères l’apprêtent,
De plus, leurs gestes sont graciles,
Toujours et tout elles rapprêtent.

Pierrette

*Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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