
Mois : juin 2020
En réponse à « Synergie ambulatoire »

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Celui du chaud, celui du froid,
Marchant sans bannière et sans croix
Pour partager des aventures,
Oubliant le métier de roi.*
En rencontrant un Bavarois,
Ils furent pris d’un grand effroi
« L’accent de cette créature
Nous laisse dans le désarroi! »
Pierrette
Synergie ambulatoire

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Celui du chaud, celui du froid,
Marchant sans bannière et sans croix
Pour partager des aventures,
Oubliant le métier de roi.
Sobriété monacale

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Le moine reste au frais derrière sa muraille,
Méditant sur le doute et sur la vérité;
Au fond de sa cellule, un matelas de paille,
Un humble drap qu’il vante avec sincérité.
Il lit un peu de prose, écrit vaille que vaille,
Évoquant des quatrains qu’il aime réciter;
Il traduit quelques vers, osant une trouvaille,
Mais sans se départir de sa simplicité.
La lune dans le ciel, poursuivant son orbite,
Illumine la nuit d’une clarté subite;
Le bon moine se dit «C’est un clin d’oeil de Dieu».
Par la suite, il se verse un bon verre de bière;
Son esprit, s’en allant dans une errance fière,
Observe un grand prodige invisible à nos yeux.
Espoirs de comptoir

Pierrette en Héraldie
Le tavernier rêve
Du retour des croisiéristes,
Printemps d’utopie.
Calice d’or

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Le calice, songeant au charpentier qu’il aime,
En un recueillement nostalgique est tombé ;
Par le vitrail, on voit un peu de ciel plombé,
Un grillon, dans un coin, bredouille un vieux blasphème.
Calice ni grillon n’ont le don des poèmes,
Le silence par eux n’est guère perturbé ;
Ce silence d’église est de grâce enrobé,
L’esprit va savourant son absence de thème.
Le calice est tombé dans un sommeil limpide,
Si l’on n’y prend bien garde, on croirait qu’il est vide ;
Trois gouttes, cependant, en tapissent le fond.
Le vin en sang muté, que nul fruit ne surpasse,
Se fige dans la coupe et semble un vin de glace,
Reflétant de furtifs et malicieux démons.
Le fils du charpentier

Toile de Warner Sallman
Le fils du charpentier
Dévoilait d’étranges secrets ;
Le fils du charpentier
D’un conteur savait les secrets.
Il n’avait pas d’emploi
Mais réconfortait les esclaves ;
Même, il les faisait rire,
Comme rient les petits enfants.
Il guérissait les sourds,
Au plus faible il donnait la puissance d’un lion,
Il produisit du vin
Quand il fut à la noce ;
Quand sa voix se taisait, son regard nous parlait.
Le vin, dit-il, c’est mon sang

Toile de Rubens
Le vin, dit-il, c’est mon sang,
Et mon corps est dans le pain.
Il bénit l’eau de l’étang,
Et l’on guérit dans ce bain.
Il détruit, d’une parole,
Le vieux dogme empoisonné ;
Il n’est pas maître d’école
Ni gardien d’emprisonnés.
Il parle sur les chemins,
Il soulage avec ses mains.
Prophète, il a bien failli
L’être aussi en son pays.
L’Adversaire, un pervers sphinx,
Le suit d’un regard de lynx.
Un soir, il va prier tard
Au jardin, près de l’enceinte.
Le démon devient renard,
Le monde élève une plainte.
Si tu le peux, prends pitié,
Sage fils du charpentier.
Vin divin

Wikipédia
Le vin qui par Jésus advint,
N’aurait peut-être pas eût vingt,
Comme certains grands cru de Reims,
Pourtant il était bien divin.
Poule

emerginggenerationproject.wordpress.com
Cette poule au bec plein de dents
Taille la ronce et le chiendent ;
Les vaches trouvent ça utile
Malgré son air intimidant.
