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Une cave est creusée au flanc d’un frais ravin,
Le Père Abbé en est le cellérier docile ;
Ses yeux sont pleins de joie, car tout lui est facile,
Les vignerons pour lui n’oeuvrèrent pas en vain.
Dans le fond du cellier sont trois tonneaux de vin,
Pour les bien accueillir fut bâti cet asile :
On les y fit rouler en priant Saint Basile,
Lui qui recommanda ce breuvage divin.
Aussi, de temps à autre, un moine s’y retire,
De ceux que durement les démons combattirent ;
Ces êtres malfaisants dont nous nous effrayons.
Il a rempli son verre, il le porte à sa lèvre,
La saveur l’illumine ainsi qu’un doux rayon ;
Puis il s’en va manger du fromage de chèvre.
