Trois taches

warhol5

Toile de Andy Warhol

Trois taches de pinard sur une lourde nappe,
Et puis le tavernier m’a piqué tout mon blé.
Cochonfucius, de vin et de rêve comblé,
Sent son esprit chargé d’une pesante chape.

La lourde nappe évoque une bourbeuse plaine
Où doit vagabonder notre coeur dépeuplé,
Guidé par un cerveau un peu désassemblé,
Rempli de lassitude et d’une force pleine.

Or, Sandra devient une inaccessible reine
Prisant l’érudition en son illustre cour.
Sur un joli plateau qu’il porte avec amour,
Le roi offre des toasts auxquels on touche à peine.

Edgar Faure hurle et court par-delà l’horizon.
Les taches de pinard font comme un archipel
Et plus d’un crocodile y entend les appels
De son pluvian qui veut qu’il rentre à la maison.

Les taches de pinard font une cathédrale
Et plus d’un crocodile y étale sa gueule
Qui s’ouvre d’autant plus qu’elle n’est pas la seule
A peupler ces lieux saints d’une forme animale.

Deux litres de pinard font de la vie sur terre
Un bonheur nonchalant au goût de vin nouveau.
On oublie les embrouilles, on oublie les travaux,
On savoure sans fin une joie solitaire.

Je ne peux plus marcher, la route est bien trop droite !
J’ai l’estomac danseur, le coeur entre les dents,
Mon cerveau, désormais ouvert à tous les vents,
Ne pourra plus franchir aucune porte étroite.

(…)

Or, nous te demandons, refuge du buveur,
D’être notre domaine et notre observatoire,
Pour vivre vainement notre futile histoire,
Et contempler de loin ce monde et sa ferveur.

Cochonfucius

Pour Albert Samain

agnestoth-01

Toile de Agnes Toth

Notre vie se fragmente avant qu’on ne la brise ;
Chaque fois qu’on renonce à passer aux aveux,
À prendre l’occasion fugitive aux cheveux,
C’est un peu de notre âme envolée dans la brise.

Quand, sur de beaux portraits, nos regards s’électrisent,
La flamme parcourant le système nerveux
Brille de plus d’éclat qu’un milliard d’autres feux ;
Mais souvent, c’est en vain qu’un pauvre coeur se grise.

Ce coeur ne monte pas, tel un nuage, aux cieux
Vers lesquels on nous voit, la nuit, lever les yeux.
Il s’endort dans le froid, s’éveille dans la brume,

Avance au long du jour, porté par des soupirs,
Et garde au creux de lui, profond, le souvenir
D’avoir été, jadis, léger comme une plume.

Cochonfucius

L’oiseau qui chante comme Bob Dylan

apnb

image de l’auteur

L’oiseau peut imiter un chanteur d’un autre âge,
Mais il n’est qu’un rhapsode et pas un orateur ;
Il peut signer son nom pour ses admirateurs,
Trouvant un instrument dans son noble plumage.

Il connaît quinze chants, ou même davantage,
Lui qui sut inspirer plusieurs compositeurs ;
Lorsque d’autres oiseaux viennent en visiteurs,
Il aime s’imprégner de leurs divers ramages.

Il récite un sonnet quand il va faire nuit,
Il compose des airs dès que le soleil luit ;
Il se souvient toujours des propos de son Maître.

Aux grands auteurs latins il n’est pas étranger,
Sa mémoire d’oiseau les a tous engrangés ;
Il est considéré comme un homme de lettres.

Cochonfucius

les paroles vagabondes

dali_gala1_622925223495b428d4b24d

Toile de Dalí

De forum en forum, plusieurs voix se répondent.
Sur ces pages sans fin, nous sommes des errants,
Auteurs de textes flous, de phrases vagabondes,
Dont les échos, longtemps, flottent sur nos écrans.

Chaque forum fermé se veut un micro­-monde.
Qui passe d’un à l’autre, auteur itinérant,
Se construit, de ce fait, l’identité seconde
Ou tierce, où ses propos se vont réverbérant.

C’est, quand même, un bonheur d’accueillir une intruse
Dont on a souvenance au temps qu’elle était muse,
Même si vers l’antan, nul ne peut repartir.

Or donc, dans la nature un ermite se terre,
Car il prend cette vie comme un trop lourd mystère :
Que faire, alors, pour lui… Ecouter, compatir.

Cochonfucius

Le serpent

little-prince

Illustration du Petit Prince

Petit prince, sur Terre, une dernière fois,
Tu puises de l’eau fraîche et, calmement, tu bois.
Peu s’en faut désormais que le sable n’accueille
La chute de ton corps léger comme une feuille.

Etait-ce un sage avis d’avoir recours à moi ?
Même un coeur de reptile, imperturbable et froid,
Ne peut que se serrer quand l’univers s’endeuille
D’un enfant comme toi. Prince, je me recueille.

Si j’avais dû piquer un trop vieil aviateur
Ayant perdu l’espoir et cassé son moteur,
J’aurais dit « Cette mort n’est point la pire chose ».

Mais je sais que tu es tout ce qu’il y a de vif
Et que tu as voulu ce sort définitif
Pour rien, pour moins que rien, pour l’amour d’une rose.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.