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Moi, je me dresse auprès d’une friche ombragée,
Au centre du terrain subsiste un arbre mort ;
Tout se met à danser quand le vent souffle fort,
Sauf lui, dont nous voyons la posture inchangée.
Dans la brume souvent cette friche est plongée,
En ces jours elle forme un irréel décor ;
Un spectre y fait glisser son absence de corps,
Nulle phrase avec lui ne peut être échangée.
En ce sombre logis vit un faible rimeur
Qui de quelques sonnets se forge un édifice ;
Il lit plus qu’il n’écrit, insensible aux rumeurs.
À Cupidon jadis offrant des sacrifices,
Il craignait de ce dieu la trop changeante humeur,
Mais lui disait merci pour quelques bons offices.
