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Le poisson vénusien n’est guère savoureux,
Car d’un fumet douteux est imprégnée sa graisse ;
Même les prédateurs que la fringale presse
Trouvent qu’il est sordide, et qu’il n’est pas pour eux.
En sa vie quotidienne, il n’est pas rigoureux,
Il peut faire des choix, mais avec maladresse ;
Assez souvent, d’ailleurs, le largue une maîtresse
Malgré sa production de sonnets langoureux.
Il perd son appétit quand un rival l’évince,
Puis, pendant quelques jours, se retire en province ;
Il est fort affligé, mais ça ne dure pas.
La sirène s’en vient pour soulager sa peine,
Sachant lui démontrer que sa détresse est vaine ;
Il retrouve un sourire à l’heure du repas.

