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Ce diable inoffensif en un fruit se déguise,
Dont la très douce écorce a des reflets dorés ;
Par les premiers humains ce fruit fut admiré,
Eve à s’en emparer fut quand même indécise.
En son coeur s’affirmait une crainte imprécise,
Comme il advient devant un objet désiré ;
Puis, avec elle-même ayant délibéré,
Trouva qu’il valait mieux cueillir quelques cerises.
Au jardin, cependant, vient un autre démon,
Les soirs de pleine lune il dévale des monts ;
Son rire inconvenant sous les arbres résonne.
Reptilien, sans conteste, est son déguisement,
Lui qui sait parler comme un héros de roman ;
Son malfaisant esprit perversement raisonne.
