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Le vieux de la frontière eut un cheval barbare,
Dans un texte chinois c’est ce que nous lisons ;
Cet animal, un jour, partit sans crier gare,
Mais, peu de temps après, revint à la maison.
Ainsi va le récit que le barde nous narre,
Tandis que nous entrons dans la grise saison ;
Le vieux prend la parole et dit des mots bizarres,
L’histoire, vers la fin, montre qu’il a raison.
C’est l’agent du Destin, l’étalon des ténèbres,
Doux comme les moutons, plus cruel que les loups ;
Tu le veux chevaucher, prends garde à tes vertèbres.
Nous suivons l’équidé vers un avenir flou,
C’est loin vers l’horizon, c’est peut-être un mirage,
Dieu sait quelle jument nous attend au virage.
