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Je suis l’indifférent, le dragon sans souci,
Paisibles sont mes jours, légères mes pensées ;
J’ai peu de souvenirs des galères passées ;
Les tourments de jadis se sont bien adoucis.
Je sais que les vivants sont des morts en sursis,
Mon âme cependant n’en est point offensée ;
Acceptant les ennuis sans en être blessée,
Elle a de la pitié pour les coeurs endurcis.
Avec de vieux copains souvent je m’entretiens,
Les mots nous font du bien, le rire nous soutient,
À remplir nos godets la tavernière veille.
Tantôt vient la froidure et tantôt la chaleur,
Mais à chaque printemps reparaissent les fleurs ;
De ces simples bonheurs mon esprit s’émerveille.
