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J’aime plonger mon bec dans le jus de la treille,
Mais rares sont les gens qui m’ouvrent leur cellier ;
Rien ne sert que je sois parmi leurs familiers,
Ni que de mon oeil rond je lorgne une bouteille.
J’aime mieux du bon vin que le miel des abeilles,
Ou que les aliments des moines réguliers ;
Je ne dédaigne pas les fruits sur l’espalier,
Ni les morceaux de pain tombés de la corbeille.
Je ne bois pas souvent, que veut-on que j’y fasse ?
J’accepte le réel sans faire la grimace ;
Ce qu’on ne peut avoir, ça ne me manque pas.
Je ne fais pas d’efforts pour qu’un poème en sorte,
Si le scribe s’y met, je marche dans ses pas ;
Surtout quand il me verse un peu de boisson forte.
