11 novembre 2018

Ce matin au jardin des Tuileries…

11

il pleuvait mais c’était le 11 novembre et le corbeau perché sur la nymphe me dit: « Viens suis-moi. »

11nymphe

J’acceptai, alors il me mena vers son endroit préféré: « Regarde c’est Thésée, il a vaincu le Minotaure… »

11thésée

Moi, je voyais bien que les canards n’avaient que faire de tout cela, ils étaient juste heureux parce qu’il pleuvait.

bestiole

Messieurs  les pigeons, eux, préféraient attendre le soleil bien à l’abri sur leur statue fétiche

11pigeon

Quelle ménagerie que ce jardin! voyez cette mouette comme elle apprécie son perchoir!

pmouette

Tandis que les canards ont la tête renversée.

Plus loin j’ai vu que rien  n’arrêtera César qui défie le temps, car en face de lui se trouve Hannibal, son ennemi de toujours…

Plus loin encore, tout au fond du jardin j’ai vu aujourd’hui  que la place de la Concorde était exceptionnellement vide parce que Monsieur le Président au bout de l’avenue des Champs Elysées commémorait avec d’autres chefs d’états,  les combattants.

conc

Photos de Pierrette

Ouessant

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wikimedia

De Santander à Copenhague
Jamais bateau trouant la vague
N’a fait une escale en passant
À l’île d’Ouessant,
Et si le pilote à la barre
Connaît le nom de chaque phare,
Il ne connaît pas le visage
De celles qui sur le rivage
Regardent les bateaux passant
Au large d’Ouessant.

Sur vos cargos sur vos voiliers,
Ah matelots si vous vouliez
Nous faire l’honneur d’une escale,
Nos visages seraient moins pâles,
Nos âmes seraient moins moroses
Et nous vous offririons des roses,
Des roses couleur de sang,
Des roses d’Ouessant.

Mouettes mes soeurs, soyez heureuses
Car cette nuit sera fameuse
Si le bateau qui vient au vent
S’arrête à Ouessant.
J’entends la voix du capitaine
Et des marins dans la misaine
Qui parlent dans une autre langue
Et le navire roule et tangue
Et se jette sur les brisants
De l’île d’Ouessant.

Ah matelots sur vos voiliers,
Voilà le moment de prier
Car on entend les mâts qui craquent
Sous les lames qui vous attaquent,
Et le vent qui sait toute chose
Sait à quoi serviront les roses,
Les roses couleur de sang,
Les roses d’Ouessant.

Louis le Cunff 1919-1989

Forêt

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Pierre de Ronsard (1524-1585)
Elégies, XXIV
« Contre les bûcherons de la forêt de Gastine »

Écoute, bûcheron, arrête un peu le bras;
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?
Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ?
Forêt, haute maison des oiseaux bocagers !
Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers
Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière
Plus du soleil d’été ne rompra la lumière.
Plus l’amoureux pasteur sur un tronc adossé,
Enflant son flageolet à quatre trous percé,
Son mâtin à ses pieds, à son flanc la houlette,
Ne dira plus l’ardeur de sa belle Janette.
Tout deviendra muet, Echo sera sans voix ;
Tu deviendras campagne, et, en lieu de tes bois,
Dont l’ombrage incertain lentement se remue,
Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue ;
Tu perdras le silence, et haletants d’effroi
Ni Satyres ni Pans ne viendront plus chez toi.
Adieu, vieille forêt, le jouet de Zéphire,
Où premier j’accordai les langues de ma lyre,
Où premier j’entendis les flèches résonner
D’Apollon, qui me vint tout le coeur étonner,
Où premier, admirant ma belle Calliope,
Je devins amoureux de sa neuvaine trope,
Quand sa main sur le front cent roses me jeta.

Et de son propre lait Euterpe m’allaita.
Adieu, vieille forêt, adieu têtes sacrées,
De tableaux et de fleurs autrefois honorées.
Maintenant le dédain des passants altérés,
Qui, brûlés en l’été des rayons éthérés,
Sans plus trouver le frais de tes douces verdures,
Accusent tes meurtriers et leur disent injures.
Adieu, chênes, couronne aux vaillants citoyens.
Arbres de Jupiter, germes Dodonéens,
Qui premiers aux humains donnâtes à repaître ;
Peuples vraiment ingrats, qui n’ont su reconnaître
Les biens reçus de vous, peuples vraiment grossiers
De massacrer ainsi leurs pères nourriciers !
Que l’homme est malheureux qui au monde se fie !
Ô dieux, que véritable est la philosophie,
Qui dit que toute chose à la fin périra,
Et qu’en changeant de forme une autre vêtira !
De Tempé la vallée un jour sera montagne,
Et la cime d’Athos une large campagne ;
Neptune quelquefois de blé sera couvert :
La matière demeure et la forme se perd.

Anna Akhmatova = = = Анна Ахматова

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image de Pierrette

J’ai reconduit l’ami jusqu’à l’entrée ; ******** Проводила друга до передней,
Je suis restée debout dans la poussière d’or, *** Постояла в золотой пыли,
Un petit clocher dans le voisinage ********** С колоколенки соседней
Égrénait des sons graves. *************** Звуки важные текли.
Il me laisse choir ! Mot mal choisi. ******** Брошена! Придуманное слово –
Suis-je une fleur ? Une lettre ? ********** Разве я цветок или письмо?
Mes yeux déjà ont un regard farouche **** А глаза глядят уже сурово
Dans le miroir qui s’obscurcit. ********** В потемневшее трюмо.

 

1917.

Traduction de Jean-Louis Backès

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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