Saint Pliste

 

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Saint Pliste ne sait plus quel peut être son âge,
Ni comment on s’y prend pour être un séducteur
Il fréquente surtout les bienveillants docteurs,
Il ne voudra jamais toucher son héritage.

Il est satisfait d’être un obscur personnage,
Dans son petit terrain, n’ayant pas de tracteur,
Il cultive le blé, sans être un producteur,
Puis va boire une pinte au troquet du village.

La vieillesse le rend relativement sage,
Car du fleuve de l’être il perçoit l’autre bord ;
Sa nef n’a plus de voile et n’a plus d’équipage,

Plusieurs de ses sonnets apprivoisent la mort ;
Il ne fut pas seigneur, il fut un petit page,
Ce qui, selon son âme, est un plus digne sort.

Cochonfucius

Saint Roland Barthes Simpson

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Roland Barthes Simpson fut un saint sans souci
Dont les textes sacrés quelquefois l’on fréquente ;
Je les lisais jadis, dans le Jardin des Plantes,
Plus d’un vieux professeur les parcourait aussi.

Vous voyez dans son livre un jargon fort précis
Dont les catégories ne sont jamais errantes ;
Une plume légère est du style servante
Qui dit les prédicats en mode raccourci.

Ce puissant esprit, dont la muse fut amie,
On l’accusa de pondre une vaine alchimie
Et de la revêtir d’un discours indigent ;

Par l’injuste soupçon sa candeur consumée
Ne laissa dans son coeur qu’une noire fumée,
Alors il disparut, sans déranger les gens.

Cochonfucius

Se rencontrer sans se rencontrer

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Blason d’ Appoigny

Quand Marie-Madeleine a vu l’homme au jardin,
Inconnu, semble-t-il ; et le sépulcre vide,
Dans ces temps qui avaient cessé d’être limpides,
L’air lui parut plus froid dans le froid du matin.

Puis elle a reconnu le doux visage humain
Qu’avait défiguré le supplice homicide.
Alors qu’elle esquissait un geste fort timide,
Elle entendit ces mots : « N’approche pas ta main ».

Que répondre à cela, rien, selon l’Ecriture,
Le Christ avec douceur dit des paroles dures,
Du Père il accomplit l’auguste volonté.

Elle caresse alors, de son regard modeste,
L’homme qui appartient au royaume céleste
Où dans quarante jours il devra remonter.

Cochonfucius

Saint Bollik

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L’évêque Saint Bollik fut brûlé ce printemps ;
La dernière chanson qu’il avait composée
Et qu’un noir tribunal avait analysée
Avait été jugée un blasphème éclatant.

Montant sur le bûcher, son noble coeur battant,
Il songe à des jardins tout chargés de rosée ;
Il a peu de regrets que sa vie soit brisée :
Pour le vieillard qu’il est, ce n’est pas important.

Il contemple, pensif, le bourreau qui travaille
À garnir le bûcher avec des brins de paille
Qu’il est allé cueillir dans les champs refroidis.

L’exécuteur ira dormir dans son taudis,
La cendre volera, comme aux terres brumeuses
Le bon grain se disperse aux mains d’une semeuse.

Cochonfucius

Cendres de Jeanne

blasonarc

Lorraine aux vignes d’or où l’oiseau vole bas,
Où le fruit et la fleur séduisent les abeilles,
Où le vin met au coeur de l’homme des merveilles,
Lorraine vient de perdre un sinistre combat.

Le sombre tribunal d’opprobre la frappa
Pour avoir remporté victoires nonpareilles.
Tant de jours d’argutie et tant de nuits de veille ;
On en vient au verdict : elle ne vivra pas.

Église, qu’as-tu fait de ton humble servante ?
Pourquoi l’as-tu plongée en mortelle épouvante ?
Pourquoi, de ton enfer, veux-tu l’effaroucher ?

Le bourreau, cependant, est fort heureux de vivre,
Lui qui travaille mieux quand il est un peu ivre,
Et rêve en balayant les cendres du bûcher.

Cochonfucius

 

Hosokawa Tama === 細川 玉

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image de l’auteur

Le Japon d’autrefois produisit une sainte,
Qu’enferma son mari dans une haute enceinte ;
Priant tous les matins pour mériter les cieux,
Chantant l’après-midi pour faire ses adieux.

L’honneur de sa lignée devint chose incertaine,
Et parmi les dangers que ce malheur entraîne,
On trouve aussi l’oubli dans un logis obscur,
Où disparaît la joie de contempler l’azur.

Repose donc en paix, chercheuse de lumière,
Une brave servante a fermé tes paupières ;
Malgré le cours des ans, et le temps qui s’enfuit,
Nous allumons pour toi des cierges, chaque nuit.

Cochonfucius

Petit page

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image de Pierrette d’après une composition de l’auteur

Son petit coeur battait très fort
(Le coeur d’un page de la reine) ;
Son petit coeur battait très fort
Quand, pour elle, il sonnait du cor.

Lorsqu’elle dormait comme un loir
(La plus paresseuse des reines),
Lorsqu’elle dormait comme un loir,
Il était gardien du boudoir.

Elle aimait dilapider l’or
(La plus dépensière des reines),
Elle aimait dilapider l’or,
Il regarnissait le trésor.

Or, Sainte Hélène aimait le roi
(Une rivale de la reine),
Oui, Sainte Hélène aimait le roi,
Mais la reine aimait Saint Eloi.

Reines et rois n’ont point de coeur,
Hélène, Eloi en ont à peine ;
Reines et rois n’ont point de coeur,
Car ce sont des êtres moqueurs.

Du page ils se riaient toujours,
Rire de roi, rire de reine,
Du page ils se riaient toujours ;

Car ses habits étaient trop courts.

Cochonfucius

Retrocurriculum

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Blason de Grille d’Estoublon

Je mourus vers le soir, à la Sainte­-Graisseuse ;
J’en eus les sacrements pour Saint­-Limonadier.
Se termina mon règne à la Saint­-Brigadier
Qui avait commencé à Sainte­-Paresseuse.

Je fus fais chevalier à la Sainte-­Poisseuse.
J’eus mon habit de cour à la Saint­-Charcutier,
Car je savais danser depuis la Saint-Luthier,
Et lire en un grand livre au jour de Sainte­-Osseuse.

J’ai reçu mon épée pour Saint­-Apollinaire.
On m’a versé du vin pour la Saint­-Mercenaire.
On m’offrit des chevaux à la Saint­-Postillon.

Je dis mes premiers mots à la Saint­-Carnivore.
J’eus ma première dent à la Saint-Ellébore.
J’étais venu au monde un jour de Saint-Grillon.

Cochonfucius

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De gueules, à la bande d’argent, chargée d’un grillon de sable.

d’après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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