
Blason du village de Bugac ( Hongrie)
Le fier Oleg sur un cheval
De son palais s’éloigne ;
Plus d’un ministre et d’un vassal
De sa grandeur témoignent.
Ils trouvent, au bout d’un moment,
Pas très loin du rivage,
De vénérables ossements
Sous les herbes sauvages.
Le prince a posé son soulier
Doucement sur le crâne
Du cheval, jadis familier ;
Puis il parle à ses mânes.
— « Dors, solitaire compagnon,
Te survit ton vieux maître ;
Et quand mes derniers jours viendront,
Tu ne pourras renaître
Pour offrir ton sang chaleureux
Sur ma tombe vermeille ».
Mais caché dans l’ossement creux
Un serpent se réveille :
Il s’enroule autour du talon
Comme une corde mince.
À peine un cri, ce n’est pas long,
Et c’est la fin du prince.
Le conte de Pouchkine

Toile de Victor Vasnetsoff
Ce conte de Pouchkine sur l’amitié, Le prince Oleg, m’a toujours beaucoup impressionnée, et cela depuis l’enfance :
Chevauchant son noir destrier, le prince Oleg s’en va par les sentiers de la forêt profonde combattre les Kamirs qui ont attaqué son royaume. La lumière de la lune filtrant à travers les arbres illumine sa cuirasse et l’étoffe brodée qui recouvre sa monture. Il galope sans fin dans les sentiers solitaires et l’ardeur de la lutte prochaine fait voler dans la nuit cavalier et cheval. La terre frémit sous les sabots qui la foulent et les feuilles murmurent, agitées par le vent de la course. Cependant, l’angoisse s’est insinuée dans le cœur d’Oleg. Quel sort lui a été réservé ? Conservera-t-il la vie, demain, sur le champ de bataille ?









