Exode

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Quelques démons furent exilés,
De leur propre Eden expulsés,
Car en  Enfer pousse un pommier
Arbre plus que tout être sacré…
Un ange par le ciel mandaté,
Sous les traits d’une blanche colombe,
En roucoulant les a piégés.
Voilà que sur la terre ils tombent,
Revêtant une forme humaine,
Cachant leurs museau de murènes,
Et buvant des tasses de verveine

Stahlder

 

Science et non-sens

 

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Desnos aurait voulu  « écrire de beaux vers »
De ceux qu’il apprenait, disait-il, à l’école,
Et moi, j’aimerais bien briser la camisole
Qui m’entrave, passé le seuil de son sanctuaire
On y trouve les trésors d’une sagesse immense
Heureux,  celui à qui est échue  l’innocence
Qui  traduit  les merveilles  de notre quotidien,
Célébrant avec art l’amour des petits riens…
Ses lecteurs, au mépris des trouvailles de la science,
Se sentiront dotés d’étranges facultés,
Planant plus haut encore que l’aigle ou l’épervier,
Ou bondissant soudain comme des sauterelles…
Les savants qui calculent avec persévérance
Les justes équations qui président à nos lois,
Sont ravis de trouver les axiomes narquois
Que les poètes énoncent dans leurs thèses rebelles

Stahlder

Timidité des arbres

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Les arbres, timides créatures,
Se donnent une dose de courage
En buvant  quelques verres de vin…
Attiré par leurs doux murmures,
Un bien étrange personnage,
Qui a l’âme d’un magicien,
Leur verse de nombreux flacons
D’un grand cru de dom Pérignon
Et puis s’allonge dans leur ombre
En croquant des bouts de concombre…
Égayé par les aventures
Qui se bousculent dans leurs chansons
Il compose des poèmes en nombre
Où ses compagnons , quelle histoire
Nous apparaissent ou gris ou noirs
Comme de joyeux piliers de bar

Stahlder

La danse du cygne

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L’ombre d’un cygne se profile
Sur l’azur du ciel de midi…
Un promeneur secoue la tête
Et blâme une grasse andouillette
Arrosée d’un verre de Chablis,
Et cette image volatile
À peine entraperçue, s’enfuit…
Nées d’une aimable fantaisie,
Quelques souvenirs d’Indochine
Éclosent alors dans son esprit.
Abandonnant à leur destin
Les fleurs fanées à la racine,
J’irai, fredonne-t-il, mutin,
Danser dans la ville des filles
Avec les cygnes dont les yeux brillent…
Quand, visitant son domicile,
Un rayon de lune se reflète
Dans le miroir de sa fenêtre
L’ombre d’un cygne se profile
Sur l’argent du ciel de minuit

Stahlder

Détresse d’un madrigal

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Un madrigal voltige, éperdu, dans le vent,
Cueilli contre son gré au bord d’une fenêtre,
Il se languit hélas de ses nobles parents..
Nourrie de la sagesse dont son père l’Encrier,
Par la faveur des muses, est le dépositaire,
La plume maternelle, sur un bout de papier,
Consigna la Clarté d’une pensée solaire.
Le billet, maudissant les caprices du temps,
Cherche en vain à rejoindre la terre de ses ancêtres,
Un bureau tatoué par l’outrage des ans
Où s’accoude un humain, fidèle partenaire
De ses deux géniteurs, parrain qui l’a vu naître…

Stahlder

variantes à propos d’un pont

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Rêves
De ponts et de berges invisibles
Rêves de peur et d’oubli
Rêves
Entre Ciel et Terre
Une Main se détache et je crie
Rêves
Ce n’est qu’un rêve
Qui finit:

Egarés dans la brume qui envahit leur âme
Se retrouvent étourdis au beau milieu d’un pont
Des jouvenceaux trahis par l’amour d’une femme
Le coeur des hommes est creux dit le premier d’entre eux,
Il sonne comme un tambour, ça s’appelle l’amour
Un mot qui doit rimer avec la fin du jour
Répond son compagnon
Traversons de concert ce nouveau Rubicon
Je sais sur l’autre berge une petite auberge
Bobby, le tenancier y joue de l’hélicon…

Stahlder

 

 

Étoile nostalgique 

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Une étoile se souvient de sa folle jeunesse..
Elle guidait les marins voguant vers leur destin
Et nichée dans leurs songes jusqu’au petit matin
Leur contait mille et une légendes enchanteresses
Dans l’âme des derviches, inlassables toupies,
Tandis qu’ils tournoyaient, l’écho de sa lumière
Illuminait leur foi, radieuse prière,
Puis, quand ils s’abattaient, elle tanguait, étourdie…
Elle pâlit à présent, mais jette quelque feu
Lorsque au coeur de la nuit, de doctes noctambules
Lui dédient des poèmes alors qu’ils déambulent
Dans les villes désertes, ombres doublées d’une ombre,
L’enfant né la lune, quand la terre devient sombre,
Compagnon taciturne les suivant en tous lieux

 

Stahlder

Cloche cristalline

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Invisible, un beffroi sonne dans le lointain.
Sur la crête d’un toit un pâle somnambule
Se retourne et puis cligne des yeux, incertain,
Un insecte affairé, frottant ses mandibules,
Escalade la plus haute fleur de son jardin…
La cloche sème à tous vents les images du monde
Qui en toute conscience engendrent des pensées,
Mais les chasse d’un coup du jeune crâne rasé
Qui maudissait, penaud, son âme vagabonde,
Et qui reprend le cours de sa méditation.
Un noctambule haranguait les étoiles et la lune,
Renonçant à chercher la clé de la fortune,
Il pousse vivement la porte d’un estaminet.
L’heure a sonné, dit-il, de payer ma tournée

Stahlder

Vision apocalyptique

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Né dans un monde teinté de gris
(Quelquefois tirant sur le noir),
Il se retrouve tout étourdi
Au sein d’un affreux cauchemar :
L’herbe y est d’un absurde vert,
Le ciel aussi bleu qu’une orange,
Les fleurs, en un odieux mélange,
Arborent des coloris divers.
Les maisons aux volets pimpants,
Et aux jardinets accueillants,
Proposent même de petits bancs,
Que baigne un rayon de soleil,
A des passants aux joues vermeilles.
Il se réveille tout en sueur,
Mais en soupirant de bonheur,
Retrouve ses amis les ombres
Pour siroter dans un coin sombre
Un café noir comme la poix

Stahlder

Pas de deux entre virtuel et factuel

image de Pierrette

Dans une maison endormie
Entre les deux versants d’un rêve
Un pan de voile se soulève…
Apparaissant puis s’esquivant,
La flûte d’un grand poète afghan
Éveille les âmes assoupies
Dans leur cocon de léthargie…
Les mânes d’un tout jeune enfant
Rescapé d’une male mort
Dans l’Espagne du siècle d’or,
Chevauche les collines qui dansent
Dans une mutine insouciance…
Je souris tout ensommeillée
Tandis que cette nuit s’achève
En une maison apaisée
Entre les deux versants d’un rêve…

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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