Bannières dites-vous ?

image de Pierrette

Toutes les âmes guerrières
D’une vertu sans faille
Brandissaient des bannières
Sur les champs de bataille
Attisant le courage de tous les combattants
Puis servant de linceul aux morts et aux mourants

Même les pacifiques
Peuple anti nucléaire
Entonnant ce cantique
Faites l’Amour pas la Guerre
Se retrouvaient derrière
Des sigles auto-collants
Symboles circulaires
De leur engagement

Étant d’un naturel pour le moins fainéant
J’associais les bannières à des pans de chemises
Battant les flancs de qui se moque de sa mise

Puis un beau jour se mirent à fleurir des slogans
Sur liquettes et t-shirts faisant de tout passant
Le commis voyageur de groupes commerçants
Recyclant ces bannières pour une nouvelle guerre
Où le chiffre d’affaire adoube les gagnants

Dans un camp de nudistes j’irais me réfugier
Si ne m’y attendrait l’inévitable armée
De tous les prosélytes aux poitrails tatoués…

Cochonfucius

Vive le Goupil !

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Sous la plume de Marie de France
Certain goupil en robe rousse
Punit d’un aigle l’arrogance
Ruse et courage sont ses ressources

Le faible y punit le puissant
En grec cette mésaventure
Vise à châtier une forfaiture
Violant d’amitié le serment

Du goupil j’admire la constance
Dans ces deux fables également…
Vive la morale de notre enfance !

Stahlder

Au fil des saisons…

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Certain jours quand le monde nous semble par trop gris
On aimerait le voir par les yeux d’une souris
Dont le pelage se fond avec ce voile de brume
Retardant de ce fait tout hommage posthume

Quand l’hiver, le soleil frappe à notre fenêtre,
Sous les traits d’un gros chat on aimerait renaître
Lové dans ses rayons, ronronnant de plaisir
Tel un grand souverain régnant sur son empire

Quand l’automne rougit nos voûtes de feuillage,
Humant de quelque ondée le lumineux sillage
On aimerait avoir une truffe mobile,
D’un chien plus que fougueux les pattes juvéniles…

Mais, apanage de notre humaine condition
Les livres nous enseignent, et en toute saison,
La poésie des mots, plaisir que l’on partage

Avec de nos aïeux les antiques lignages,
Avec ceux qui plus tard exploreront le cours
Des sentes littéraires aux mille et un détours

Stahlder

Rencontre

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A l’aube de ma vie un drôle de compagnon
Me narra une histoire sans rime ni raison
Il dit avoir croisé dans une vigne vermeille
Un oiseau dont l’oeil gauche était notre soleil

Je le complimentai sur sa bonne fortune
Et notai qu’en un coin écarté d’un bocage
Vivait un volatile à l’étrange plumage
Dans son orbite droite s’était nichée la lune

Il s’évanouit alors au détour de la nuit
Depuis je collectionne les encyclopédies
Je dévore les thèses traitant d’astronomie

Les articles détaillant les effets secondaires
Visant les volatiles frappés de grippe aviaire
Des émules d’Éluard je lis les poésies

Stahlder

Méditation

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Si quand j’étais enfant je craignais les requins
Croisant dans eaux chaudes entre les boutres arabes
Je n’ai jamais aimé le capitaine Achab
Traquant de par les mers certain monstre marin
Je médite aujourd’hui au bord d’une falaise
Surplombant dans mes rêves les eaux de l’océan
Où de notre lignée commence la genèse
Là portées par la brise mes réflexions s’envolent
Les poulpes sont dit-on des animaux savants
Et mes pensées leur semblent autant de fariboles

Stahlder

Ignorance

image de Pierrette

Tandis que nos aïeux forgeaient sur des enclumes
Des armes pour soumettre à notre dictature
Et les monts et les vaux de notre mère la terre
Neptune ourlait les flots d’une dentelle d’écume
Transcrivant les pensées de toutes ses créatures

Des trésors de sagesse se cachent dans l’océan
Dont nous ne savons rien, pauvres êtres rampants
Faute de posséder un certain dictionnaire

Nous jetons dans une soupe les ailerons des requins
Ou, animés par l’impérieux appât du gain
Nous traquons sous les eaux les sequins des corsaires

Pourtant dans nos idiomes existent des boussoles :
Les poissons anglophones étudient à l’école
Chez nous ils ont coutume d’en fréquenter les bancs

Stahlder

Sagesse de l’éléphant

image de l’auteur

Dans la bière et le vin et tant d’autres alcools
Se cache un pachyderme expert en cabrioles
Il arbore les couleurs des plumes des flamants
Juchés sur une patte dans le soleil couchant

Ce spectacle console de sa mélancolie
Le buveur abattu par un sort ennemi
Quand son chef dodeline au milieu de la nuit
Sur la pointe des pieds l’éléphant s’évanouit

Il repose enroulant sa trompe sur lui-même
Compose en se jouant de nouveaux théorèmes
Dédie d’antiques odes à Dame poésie

Fredonne les partitions de quelque symphonie
Se glisse entre les pages d’une bande dessinée
Que lisent petits et grands au creux d’un canapé

Stahlder

Nihil novi sub sole

image de Pierrette

Notre soleil serait un enfer nucléaire
Tout le monde s’accorde sur cette constatation
Propre à nous insuffler une terreur salutaire
Suivie d’une litanie d’actes de contrition

Nous vantons au contraire son humeur débonnaire
Et nous nous prélassons sereins dans ses rayons
Orchestrant le ballet de toute vie sur terre
Végétaux, animaux, humbles écrivaillons.

Quand ils sont trop intenses, à l’ombre d’un grand chêne
(Voyez comme sur ce point Leibniz avait raison
Car cette vive lumière conçut ces frondaisons)
Nous conjurons rêveurs le chant d’une fontaine

Puis lorsqu’il disparaît se lèvent les étoiles
Qui dansent avec la lune une folle bacchanale
Dans les songes des terriens du règne végétal
Et du règne animal, et des cervelles humaines,
Les plus folles les plus sages, servantes et châtelaines

Stahlder

Pensées aquatiques

Blason Pont-Saint-Martin

Au fil du temps nos sentiments
Parfois voguent sur une mer d’huile
Ou bien, soudain, étrangement,
S’animent pour une cause futile.
Ils tanguent les jours de tempête
Et prennent l’eau par tous les bords,
Emportés par des vents violents,
Rugissant comme font les bêtes,
Devenus pures émotions,
Voyez leur mille contorsions,
Puis,
Survolant les flots assagis,
Courir la rafale des remords
Première école de la patience

Tel était le flux de conscience
Nourrissant le paisible ruisseau
Qui musardait dans le cerveau
D’un vieil homme cheminant, pensif,
Ancien pirate repenti
Qui avait revêtu l’habit
Des moines dits contemplatifs

Stahlder

Ermitage

image de Pierrette

Assis devant sa cabane
Un ermite dépenaillé
Semble dormir éveillé
De la pointe de son bâton
Dans la poussière il esquisse
Les signes d’étranges arcanes
Composés au temps jadis

Les bonnes gens de la campagne
Le prennent pour un démon
Mais lui, perdu dans sa transe,
Admire les cabrioles
Et les mille facéties
De son invisible ami
Qui depuis sa prime enfance
A ses côtés caracole
Un joyeux cochon qui danse

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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