Conte perché

image de Pierrette

Accroché à un promontoire
Se dresse quelque antique phare
Où demeure un noble vieillard
La tête pleine de brouillard

Chaque jour vient le visiter
Son ami un poisson qui vole
Ils échangent de doctes paroles
Puis rient à gorge déployée.

Cette histoire est-elle tirée
D’un livre de contes pour enfants ?
Ou soufflée par les goélands

A l’oreille de certains des vents
Qui planent sur les océans…
Qui suis-je pour en décider ?

Stahlder

Fidélité aviaire

image de l’auteur

Quand l’enfant parut parmi nous
Un petit oeuf taché de roux
Se fendilla au fond d’un nid
Suspendu à notre logis

Bientôt l’oiseau battant des ailes
Vint se percher sur son berceau
Puis, infaillible rituel,
Dès l’aube de chaque jour nouveau

Cette compagne plus que fidèle
(Notre oiseau était une oiselle),
A travers les péripéties
Qui sont le lot de toute vie,
Accompagna ses moindres pas.
Quand sonna l’heure de son trépas
Par la fenêtre elle s’envola
Plus légère encore qu’une flamme
Car cette oiselle était son âme

Stahlder

Pensées d’une licorne

image

Quand je courais les bois, méditais au désert
A la vue des humains sachant me dérober
Le moindre boqueteau m’était un sanctuaire
Où j’étanchais ma soif d’une goutte de rosée

Je visitais les songes lorsque tombait la nuit
Des enfants dont le monde est tissé de magie
Ou j’inspirais la quête de quelque somnambule
A l’âme de poète, audacieux funambule
Cheminant sur les toits dans une clarté lunaire
Admirant dans les cieux un étrange bestiaire

Des artistes, sans pourtant déchiffrer mon mystère
Ont piégé mon image dans une verte clairière
De grandes tapisseries me sont une maison
Où l’on vient m’admirer quelle que soit la saison

Stahlder

Murmure aquatique

image de l’auteur

Dans un minuscule ruisselet
Courant sur un serpent de pierres
Plus maigre qu’un humble chapelet
Entre les mains d’une rosière

Viennent s’abreuver des souriceaux
A peine sevrés par leur mère
Parfois aussi quelque moineau
Y trempe une patte éphémère

Les rares promeneurs qui s’attardent
En ce coin de terre oublié
L’enjambent sans y prendre garde

Seul un gosse dégingandé
Gibier d’école buissonnière
(Un cancre au regard de ses maîtres)
Entend comme un chant de rivière
Quand il rêvasse à sa fenêtre

Stahlder

Musicien anonyme

image de Pierrette

L’histoire a retenu le nom de Durandal
Et chanté ses exploits jadis à Roncevaux
Le nom de l’olifant, puissante voix martiale,
Avec lui s’effaça dans la nuit du tombeau.

Il avait prit sa part de toutes les batailles
Lancé son cri de guerre face aux lances ennemies
Tandis que Durandal taillait dans leur muraille
Son chant s’enflait en une glorieuse mélodie.

Quand l’armée disparut, hommes d’armes et barons,
Au-delà de la crête dessinant l’horizon,
Dans le val s’éleva une plainte funèbre.

Même si la chronique ne retint pas son nom
Par la grâce de son chant nourri d’accents profonds
Les adieux du héros sont devenus célèbres

Stahlder

Petit dieu déconfit

image d’ Héraldie

Lorsque chacun de nous a sorti d’un chapeau
Le billet assignant notre rôle dans ce monde
Par décret immuable de notre imprésario,
Mon coeur fut envahi d’une peine profonde

Alors que mes semblables présidaient à la joie
De trouver sous une pluie battante quelque toit
De boire après l’effort une chope de bière

Affecté pour la vie à nourrir des soucis
Une fonction n’attirant aucune sympathie
Je me vis « petit dieu des petites misères »

Une plainte jaillit de mon âme éplorée
La Fortune sous les traits d’une grande Dame Brune
Chevauchant dans la nuit quelque rayon de lune

Sourit et confirma mon rôle de jardinier
Surveillant chaque été l’éclosion de soucis
Peignant le coeur des hommes de mille coloris

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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