Noir et Blanc

image de Pierrette

Mes voiles claquent au vent
Le marin n’en a cure
C’est un vieux pénitent
Dans une robe de bure
Il muse en regardant
Les nuages nomades
Les vagues qui gambadent
A travers l’océan

Sur une vergue perchées
Deux mouettes effrontées
Rient de quelque boutade
A gorge déployée
Le moine indifférent
A leurs rodomontades
Qui par trop se prolongent
Poursuit son cheminement
A travers quelque songe

Puis voilà qu’il sourit
Chassant les péronnelles
En deux ou trois coups d’ailes
Vifs et impétueux
Un gardien de son rêve
Lui procure une trêve
Sous les traits d’un grand freux
La mine réfléchie
Dans son habit de suie

Stahlder

Chronique volatile

image de Pierrette

Une chronique parallèle
À celle que tiennent nos savants
Mais à mes yeux aussi fidèle
Rédige au sein des flots mouvants
Un doigt mystérieux dans l’écume
Un doigt léger comme une plume

Y figure tout être ici-bas
De la fourmi au magistrat
Qui au sort des humains préside
Ces fluides biographies
Survivront j’en fais le pari
Aux orgueilleuses pyramides
Perpétuant le nom des rois

Stahlder

Echiquier

Blason de Smallwood of Chelford

Les évêques seraient des fous
Ne leur cherchez donc pas des crosses
Ils oublieraient leur sacerdoce
Possédés par un dieu vaudou

S’ils suivent une voie oblique
Comme des fils de l’alambic
Sur cet échiquier qu’est la vie
Ni voyez nulle anomalie

Nous sommes des pions au sein d’un jeu
Dont nous ignorons les enjeux
Par ses lois pieds et poings liés

Cela nous semble cavalier
On y fait deux trois petits tours
Lors d’une balade sans retour

Stahlder

Saint Plaisantin

image de Pierrette

Quand Pandore l’inconséquente
Eut ouvert le fatal coffret
(Selon des « sachants » une jarre
Mais avec les mêmes effets)

Il resta aux hommes l’espoir
Pour les aider dans la tourmente
Et puis aux âmes dilettantes
L’humour qui chasse les regrets

Agiles comme des feux follets
Pipent leurs mots les plaisantins
En prose en vers voire en latin

Chaque jour que le Bon Dieu fait
Je prie le saint des facétieux
Pour tous les beaux esprits sérieux
Qui se veulent si vertueux

Stahlder

Coursier de Jun Ti

image de Pierrette

Dans le ciel de l’Asie
Un cochon doux et sage
Par les dieux fut commis
A un mien parrainage

Je suis donc c’est fatal
De ce bel animal
L’enseignement serein
Un tantinet mutin

Membre de la Grande Ourse
Il assure la course
D’une déesse altière
Porteuse de lumière

De cette parenté avec les ursidés
Je l’avoue volontiers
Je n’en suis pas peu fier

Stahlder

Ange cryptique

Comme le Fils du Charpentier
Je ne parle qu’en paraboles
Nul n’en comprendrait les symboles
Mon métier n’est pas d’enseigner

Personne ne saisit mes paroles
Sinon les arbres centenaires
Ils ont fondé plusieurs écoles
Rivalisant de commentaires

En quelques rapides ellipses
Au terme desquelles je m’éclipse
Je cueille au vol les auréoles

Des saints qui planent au firmament
Ils me traitent de garnement
Je suis un ange un peu frivole

Stahlder

Ancre onirique

image de Pierrette

Rien ne se crée rien ne se perd
Au bord d’ une crique imaginaire
Un marin lisait cet adage
Dans les écrits d’un ancien mage

Tel un fantôme suranné
La trace d’une fleur fanée
Lui tenait lieu de marque-page

Sa barque tanguait en son mouillage
Une ancre mangée par la rouille
Abandonnée, triste dépouille
Se désagrégeait sur la plage

Vibration au sein d’un grand pin
L’ombre d’un promeneur défunt
Se fondait dans le paysage

Stahlder

Mémoire

Blason de Soissons

Le séjour des défunts est celui de l’oubli
Qui a bu le Léthé en un autre se mue
Se croit-il en Enfer ou bien au Paradis
La question en ce lieu lui paraît incongrue

Son crâne est empli d’ombre il se meut dans la brume
En son coeur cependant nulle espèce d’amertume
L’immense roue du temps a cessé de tourner
Et lui, à cet instant, cessé de pédaler

Un Seigneur se présente qui se dit Roi des Morts
Mais il n’est entouré d’aucun garde du corps
Ce monarque lui offre l’idée d’un verre de vin,
Et récite un sonnet qu’il conçut tout gamin

Il y chantait le monde et ses mille merveilles
La fraîcheur d’une eau vive sous les traits du soleil
Le rire de ses amis, le regard d’un vieux chien…
Au rythme de ses vers la mémoire lui revient

 

Stahlder

Secret

image de Pierrette

En des temps fort anciens
Je servis de parrain
A plus d’un sacrifice
Ma gloire de jadis
N’est plus qu’un souvenir
De nouveaux lieux de culte
N’ont cessé d’envahir
Les cités où les hommes
Sont venus s’entasser
Des chamanes pourtant
Éternels étudiants
En secret me consultent
Et à la nuit venue
Des dryades en bande
Sous mon faîte chevelu
Dansent une sarabande

 

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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