Chat

image de Pierrette

On me dit de mauvais augure
Alors qu’aux hommes point ne nuis
Même au plus fort de la froidure
Je les délivre des souris

Les chats amoureux de la lune
Souvent chassent les mêmes proies
Comme nous ils veillent à la brune
Pourtant ces mêmes hommes les choient

Les insatiables seraient rapaces
Selon leur lexicologie
Un rat maigrelet nous suffit

Voyez par là leur ignorance
Qui n’égale que leur suffisance
Comme ils n’ont foi qu’en la paperasse
Pardonnons leur ces inepties

Stahlder

Dromadaire

image de Pierrette

Sous ses doigts chaque jour une bourse s’arrondit
Qu’il vénère je crois tel un trésor sacré
Entre ses doigts ruissellent les mois puis les années
Le temps qui s’évapore de ce qui fut sa vie

Lorsque sur la balance on pèsera son coeur
Comme sous une pluie de plomb chutera le plateau
La fortune amassée avec tant de ferveur
Pus légère qu’une plume s’envolera si haut

Qu’elle ira chatouiller, je vous parie, le nez
De celui que l’on nomma notre Grand Horloger
Lors, son éternuement sur terre le renverra

Dans la peau d’un chameau voire d’un dromadaire
Traversant sans manger ni boire quelque désert
Méditant à loisir certain noble sutra

Stahlder

Tchouang Tseu

Papillon

 

Pour qui lit Lao Tseu, penseur et philosophe
Certaine fin du monde a pour nom papillon
Mais pour les papillons c’est une catastrophe
Comme un hiver sans fin dans un lit de glaçons

Il se désole en vers, ce beau lépidoptère
Car son dernier voyage hélas est programmé
Nul oreille ne perçoit ses complaintes amères
Sur les rives du Styx il lui faut aborder

Ses dernières heures sonnent, il crie son désespoir
Ses ailes tressautent en vain dans un affreux cauchemar
Les portes de ce songe sont gardées par un freux

L’oiseau soudain s’efface dans son manteau de deuil
Le moribond se traîne jusqu’à l’ombre du seuil
Où se tient un jeune homme au regard anxieux

Son fidèle disciple l’effleure embarrassé
Sa peau encore tiède bientôt se refroidit
Sur un rouleau de soie il repose à demi
De sa main son pinceau doucement a glissé
Traçant les derniers mots de l’oeuvre de Tchouang Tseu

OU SI L’ON PREFERE UNE FIN PLUS OPTIMISTE :

Et voici qu’il s’éveille affreusement transi
Sur un rouleau de soie il s’était assoupi
De sa main son pinceau doucement a glissé
Traçant les premiers mots de l’oeuvre de Tchouang Tseu

 

Stahlder

Loup

Blason de la famille du Bahuno de Kerolain

Dans un paysage lunaire
Un loup si ce fauve est un loup
Traque en animal solitaire
Les pâtres et leurs ovins si doux

Les mères disent aux bergères
Petite méfie toi surtout
Des ombres qui entre ciel et terre
Surgissent au-dessus de nous

Car cette bête carnassière
Se dresse et marche tout debout

Ses crocs tels deux croissants de lune
Jaillissant parmi les étoiles
Scelleraient là ton infortune
En un sanglant cérémonial

Sache aussi, qu’étrange animal,
(Sous des dehors pourtant plus doux)
Sommeille en chaque homme le mâle
Que le désir peut rendre fou

Stahlder

Soudain

image de Pierrette

Pour qui a plané
Porté par le vent
Voguant enivré
Loin de ses tourments
Le retour sur terre
Est sûrement amer
Mais un vermisseau
Que l’on voit trinquer
Un peu à l’étroit
Avec ses jumeaux
D’un dé de porto
Au fond d’un terrier
Soudain nous rappelle
qu’ un changement d’échelle
Dans la galaxie
Suffit pour ma foi
Célébrer la vie

Stahlder

Voix

image de Pierrette

Pour qui hors du sein maternel
Projeté dans ce nouveau monde
Ne voit ni la terre ni le ciel
Ni la lumière vagabonde

Les voix deviennent des visages
Toutes les gammes infinies
Une ribambelle d’images

Les saints sans rondes auréoles
Se reconnaissent à leurs paroles
Les anges sont tous nés musiciens

Dieu lui même n’est pas que lumière
Il est la musique des sphères
Dans son coeur un souverain bien

Stahlder

Trèfle

image de Pierrette

Elle était oubliée des hommes et des bêtes
Perdue parmi les herbes au ras des pâquerettes
Mais un jeu du soleil ou peut être un gravier
Se glissant prestement au fond de son soulier

Poussa un promeneur à se casser en deux
Abandonnant sa traque des lépidoptères
Se massant les lombaires et maudissant les cieux
Alors sous son regard ses feuilles se déployèrent

Son index effleurant la plante il dénombra
Une puis trois puis quatre feuilles , et il les recompta
Sur la tige fragile ses doigts se refermèrent

Un trèfle à quatre feuilles c’est la chance assurée
Les chiffres dans le bon ordre dans un tiercé placé !
Mais près d’elle sur l’herbe alors il s’allongea
Préférant savourer un bonheur éphémère

Stahlder

Vivre

Poisson de Janus

Si l’aigle bicéphale honore des blasons
Pourquoi serait-ce une tare, ma foi, chez les poissons ?
On qualifie les traîtres de monstres à double face
Ce que dit une bouche la seconde l’efface

Un poisson à deux têtes de fait ne parle guère
Il rumine des pensées, futiles ou sévères
Mais qui nous resterons à jamais inconnues
Si l’on croit les entendre c’est qu’on a la berlue

Animal sédentaire car n’ayant pas de queue
Il se propulse à peine d’un seizième de lieue
Ne pouvant se nourrir d’espèces plus accortes

Il happe les maigres proies que le courant lui porte
Remerciant l’Océan pour le peu qu’il lui livre
Quoi que laid à faire peur, il a le droit de vivre

Fée verte

image de Pierrette

Telle une nouvelle muse enluminant leurs songes
La fée verte autrefois fut l’amie des poètes
Ses autres laudateurs buvant comme des éponges
N’échangeaient cependant que des phrases un peu bêtes.

Des artistes, plus tard, que l’on dit inspirés,
Se firent un allié d’un hallucinogène
Devant leurs créations, des odes au L.S.D,
Nous tournions aveuglés comme autant de phalènes

Quand, revenus sur terre, nous buvions un café
Dans le décor fané d’un bistro familier
(Vestige d’un passé dissipé en fumée)

Songeant à notre vie à ses joies à ses peines
À trop d’heures perdues dans une quête vaine
Nous venaient en mémoire quelques vers de Verlaine

Stahlder

Reptilien

image de Pierrette

J’ai rêvé que j’étais un lézard nonchalant
Même si ces reptiles sont plus vifs que l’éclair
Dans mon rêve je bullais couché sur une pierre
(Comme chaque jour que Dieu fait au creux de mon divan )

Le lézard de mon rêve lui aussi somnolait
Campé sur le béret d’une jeune vigie
Dans ses songes il voguait sur la mer infinie
Au faîte d’un grand mât dans quelque nid-de-pie

Ou, sur un gros ballon, comme ceux des bambins
Qui s’adonnent sur la plage à des jeux aquatiques
Il flottait, composant des vers métaphysiques

Dans ce songe que forgeait mon cerveau reptilien
Sous ma cape d’écailles j’unifiai sans m’en faire
Les quatre interactions régissant l’Univers

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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