Coursiers

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Du plus humble plancton aux nobles cétacés
Tous attendent en partage des monts et des merveilles
Des coursiers aquatiques agiles messagers
Qui de la gent marine animent le sommeil

Au Roi des Océans et à toute sa Cour
Ils apportent également quelques billets d’amour
Des marins au coeur pur perdus dans leurs pensées
Perçoivent parfois l’écho d’un songe informulé

Lors parvenus à terre ils errent le coeur lourd
Fredonnant les complaintes d’antiques troubadours
Et scrutent les flots obscurs dans l’espoir insensé
De percer le secret d’un message caché

Stahlder

Livres

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Pour ceux que leurs compères appellent érudits
Qui dans des encriers leur plume doctement trempent
Le savoir a mûri dans le halo des lampes
Où renaissent les livres jusqu’au coeur de la nuit

Pour d’autres qui cheminent rêvant le nez au vent
Une odeur, un nuage, le simple frémissement
D’une feuille fait éclore un trésor de sagesse

Sur les uns et les autres règne la même loi
Il ne faut pas y voir une cause de tristesse
Les maîtres du Tao nous l’apprirent autrefois

Le savoir ne saurait être bien qu’on cumule
Il se cueille çà et là dans le fleuve du temps
Mais comme certaine eau vive qui bondit dans les champs
Il file entre nos doigts que l’encre bleue macule

Stahlder

Mythe

image de Pierrette

Le diable aux pieds fourchus parfois se fait poète
Invisible à nos yeux il courtise une chevrette
A la barbe d’un bouc d’un âge plus qu’avancé
Mais au droit de cuissage fort loin de renoncer

La petite est perdue, le sire ne lui plaît guère
Quelques vapeurs de soufre volent autour de ses vers
Mais le bouc est par trop cacochyme à ses yeux
En désespoir de cause elle invoque les dieux

Bannis de leurs bosquets leurs temples et leurs autels
Les dieux des mythes anciens sont pourtant immortels
Ils hibernent en un coin de notre galaxie

La plainte de l’ingénue les tire de leur sommeil
Le grand Pan surgissant en splendide appareil
La cache au plus profond d’une nouvelle Arcadie

Stahlder

La pie

image de Pierrette

Un démon plein d’espoir et plein de repentir
S’est glissé dans la ronde des métamorphoses
Au terme de maint cycles de métempsychoses
Sa nature d’autrefois tendra à s’abolir

A l’ombre d’un dolmen en ce jour il repose
Sous l’aspect d’une pie en habit de soirée
Il ne parle jamais ni en vers ni en prose
Et respecte de tous toute propriété

Un barde s’est adossé à la pierre divine
Les chants de sa jeunesse au loin se sont enfuis
Des scènes éphémères naissent dans son esprit

De joyeux animaux y dansent une béguine
Le dernier de la bande s’incline devant lui
En chaque point semblable à la pie, sa voisine

Stahlder

Babillards

image de Pierrette

Une planète bavarde bruissant de mille sons
Qui se mêlent et se croisent sans rime ni raison
Irrita autrefois les dieux par son tapage
Ils déchaînèrent alors une mortelle rage
Les anciens Sumériens en payèrent le prix
Et virent engloutir sous les eaux leurs abris
Pourtant ces babillards n’étaient qu’une poignée
Sur cette même planète se sont multipliés
Des nuées de bipèdes parlant pour ne rien dire
Emportés par les flots de quelque vain délire
Ils agitent leur langues en tous temps en tous lieux
Et projettent leur voix sous mer et dans les cieux
Aussi au fil du temps leur enclos de pécores
Ne produisant que peu d’atomes de pensée
N’est-il aux yeux d’un sage guère plus qu’un astre mort
(Ce solitaire serait un carme défroqué)

Stahlder

Héros

image de  Pierrette

Dans d’autres univers sommes-nous les héros
D’histoires drôlatiques ou d’épiques sagas
Parues en feuilleton dans quelque numéro
De journaux pour enfants ou, c’est souvent le cas,
Dans les pages d’albums que lisent leurs parents
Et nos mésaventures pieusement consignées
Entre deux grands rectangles brillants et cartonnés
Passent-elles de mains en mains à travers le cosmos
Egayant les lecteurs qui y roulent leur bosse
Le Capitaine Haddock, Compère Lapinot ?
Je ne sais que penser de ces spéculations
Mais j’ai souvent noué de belles amitiés
Avec nos avatars des bandes dessinées
Transfuges nous prodiguant mille satisfactions

Stahlder

Spectacle

image de Pierrette

Ces anges ont les yeux obliques des elfes aériens
Ils ont choisi pour résidence
Une étrange planète qui danse
Animée par un dieu taquin
Si tables et tabourets s’envolent
Ce n’est pas le fait d’un ivrogne
Mu par une vineuse rogne
Mais une joyeuse farandole
Où chopes et verres s’entrechoquent
A la santé des plaisantins
Qui les vident, spectacle baroque
Sans jamais y mettre les mains
Cette vision certes trop brève
N’est sans doute que l’écho d’un rêve
Qui me visite certains soirs
Moi, un modeste sacristain
Que personne n’a jamais vu boire
Mais, si par Dieu et tous ses saints
Ce rêve n’en était pas un ?

Stahlder

Carriole

image de Pierrette

La pesanteur me cloue sur cette sente brune
Au pas de ma carriole dont grincent les essieux
Comme tant de mes aïeux je contemple les cieux
Enviant les chiroptères qui dansent près de la lune
Je ne fais pas grand chose mes pensées vagabondent
Je n’ai rien inventé qui étonne le monde
Je vis au jour le jour et cela me convient
Je me promène en rêve sur les les rives du temps
Grâce aux pensées volées aux écrivains d’antan
Je constate comme eux (et quelques doux vauriens)
Qu’ être heureux de son sort est un souverain bien

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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