Explorations

Pierrette en Héraldie

Tout rêve est une vaste planète
Que l’on arpente, tantôt gaiement
Tantôt d’un pas plus que tremblant,
Craignant les dangers qui nous guettent

S’y confondent l’espace et le temps
En un immense chatoiement.
Planète, où les anamorphoses
Toute réalité transposent,

Tel est le monde où nous vivons
Un grand nombre de nos années,
Acteurs d’un vrai conte de fée
Qu’avec le jour nous oublions…

Franchi le seuil de l’au-delà,
La troisième planète après le soleil
Dans les limbes s’estompera

Et ce monde précédant l’éveil
Dans l’album de nos souvenirs
Sa juste place reprendra

Stahlder

« Sag mir wo die Blumen sind… »

image de Pierrette

Se promenant dans leurs jardins
S’émerveillent les citadins
Devant le joyeux festival
Des éclaireuses de Floréal

Les fleurs s’enivrent de l’eau du ciel,
Les abeilles guettent le soleil,
Car vêtues d’un manteau de pluie
Leurs ailes diaphanes alourdies

Soumises à la gravitation
Leur semblent transmuées en plomb
Ailleurs, sous d’autres latitudes,
Soumises à d’autres habitudes,

Des humains guettent l’éclosion
Sur les vitres de leurs maisons
Des fleurs de gel en toute saison

Stahlder

Monastère décrépit

d’après Cochonfucius

Dans un cloître fantomatique
Se meuvent des ombres les reflets,
Cueillant des plantes aromatiques,
Dans le secret d’un jardinet

L’écho de psaumes oubliés
Court sous les voûtes élimées,
Et les dalles de pierres érodées
Murmurent le phrasé des motets

Parfois quelque robe de bure
Habitée par un pénitent
Se faufile entre ces vieux murs

Il tire des manches de son habit
Une grande flasque d’eau de vie
Et trinque, amène, avec le vent

Stahlder

Coffres poussiéreux

Image de Pierrette

Dans les coffres au fond des greniers
Dorment des lettres oubliées
Des robes de soirée surannées
Des photos au tons délavés

Dans les coffres d’antiques théâtres
Sommeillent de fausses pièces d’or
Parmi des fragments de décors
Où ferraillaient des matamores

Aussi les pourpoints des bellâtres
Qui courtisaient leurs dulcinées
En des formules ampoulées
Sous le nez de maris trompés

Dans le coffre des loups de mer
Voisinent quelques poignards malais
Avec une vieille pipe d’écume
Conjurant en rubans de brume
Les mots d’étranges alphabets

Ternit une couche de poussière
Dans le coffre de notre esprit
Les oripeaux doux et amers
Qui habillèrent notre vie

Stahlder

Résilience de l’Escargot

image de Cochonfucius

Un messager fourbu transporte sa maison
Il avance lentement sur des chemins herbeux
Et met plus d’une année pour franchir une lieue
Il a à coeur malgré tout d’accomplir sa mission

Sa patience semble-t-il ne connaît point de bornes…
Quand une ombre l’effleure il rétracte ses cornes
Voire se tapit au sein de son humble sanctuaire
Récitant tout tremblant quelques vers de Prévert

Quel est de son message le destinataire ?
Et qui donc le confia à ce drôle d’émissaire ?

Sur l’un et l’autre point ce poème reste muet
Et le gastéropode gardera son secret

Stahlder

Mémoires

image de Cochonfucius

Je me souviens du temps où j‘étais un poisson
Me faufilant fluide au milieu des jardins
Où fleurissent les coraux au fond de l’océan

Je me souviens du temps où j’étais un saurien
Et même un dinosaure du nom de saurischien
Ancêtre des bipèdes qui sont végétariens

Je me souviens du temps où j’étais un oiseau
Flânant de-ci de-là où m’emportait le vent
Traduisant les mystères du monde dans mes chants

Je me souviens du temps ou je serai poisson
Rêvant silencieux dans les fonds sous-marins
Des sentes où je flânais quand j‘étais un humain

Stahlder

Orobouros

image de Cochonfucius

L’esprit que la curiosité,
Dame fort espiègle en vérité,
Pour son malheur n’a pas béni,
De son propre être se nourrit

Sans doute trompe-t-il son ennui
En revisitant le passé
Mais c’est un miroir biseauté
Qui reflète sa propre vie

En une boucle plus serrée
Que les anneaux d’un caducée
Reptile qui se mord la queue
Lové sur lui-même en tous lieux

L’Être que Dame curiosité
Pour son malheur a déserté
Se nourrit de son propre ennui
Quand il revisite sa vie

Stahlder

Rencontre

image

Un feu brûlait sans flammes
Morose combustion,
Sans doute était-il las de sa trop longue vie…
Un promeneur transi tend ses mains vers son coeur,
Le foyer s’en émeut et aussitôt son âme
Se pare des souvenirs de lointaines saisons.
L’or jaillit de ses cendres presque refroidies,
Des copeaux écarlates se mêlent à sa danse,
Il se laisse emporter par une divine transe,
L’inconnu lui sourit,
Et tout à son bonheur
Il s’assied aux côtés de son nouvel ami

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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