Résilience de l’Escargot

image de Cochonfucius

Un messager fourbu transporte sa maison
Il avance lentement sur des chemins herbeux
Et met plus d’une année pour franchir une lieue
Il a à coeur malgré tout d’accomplir sa mission

Sa patience semble-t-il ne connaît point de bornes…
Quand une ombre l’effleure il rétracte ses cornes
Voire se tapit au sein de son humble sanctuaire
Récitant tout tremblant quelques vers de Prévert

Quel est de son message le destinataire ?
Et qui donc le confia à ce drôle d’émissaire ?

Sur l’un et l’autre point ce poème reste muet
Et le gastéropode gardera son secret

Stahlder

Mémoires

image de Cochonfucius

Je me souviens du temps où j‘étais un poisson
Me faufilant fluide au milieu des jardins
Où fleurissent les coraux au fond de l’océan

Je me souviens du temps où j’étais un saurien
Et même un dinosaure du nom de saurischien
Ancêtre des bipèdes qui sont végétariens

Je me souviens du temps où j’étais un oiseau
Flânant de-ci de-là où m’emportait le vent
Traduisant les mystères du monde dans mes chants

Je me souviens du temps ou je serai poisson
Rêvant silencieux dans les fonds sous-marins
Des sentes où je flânais quand j‘étais un humain

Stahlder

Orobouros

image de Cochonfucius

L’esprit que la curiosité,
Dame fort espiègle en vérité,
Pour son malheur n’a pas béni,
De son propre être se nourrit

Sans doute trompe-t-il son ennui
En revisitant le passé
Mais c’est un miroir biseauté
Qui reflète sa propre vie

En une boucle plus serrée
Que les anneaux d’un caducée
Reptile qui se mord la queue
Lové sur lui-même en tous lieux

L’Être que Dame curiosité
Pour son malheur a déserté
Se nourrit de son propre ennui
Quand il revisite sa vie

Stahlder

Rencontre

image

Un feu brûlait sans flammes
Morose combustion,
Sans doute était-il las de sa trop longue vie…
Un promeneur transi tend ses mains vers son coeur,
Le foyer s’en émeut et aussitôt son âme
Se pare des souvenirs de lointaines saisons.
L’or jaillit de ses cendres presque refroidies,
Des copeaux écarlates se mêlent à sa danse,
Il se laisse emporter par une divine transe,
L’inconnu lui sourit,
Et tout à son bonheur
Il s’assied aux côtés de son nouvel ami

Stahlder

Froidure

image de Pierrette

Le soleil est de glace, et ses rayons sont gris,
La faux du vent taillade le visage des passants
Pourtant dans de grands cols quasi ensevelis.

Les arbres aussi frissonnent dans leur manteau de bois,
Leurs chevelure éparse sur la terre durcie,
Est foulée aux pieds par une foule rembrunie

La neige tarde, amie des enfants et des chiens,
Les chats pelotonnés au creux de leurs coussins,
Composent des haïkus en argot québécois

Stahlder

Nostalgie

image de Pierrette

Caché parmi les champs sommeille un vieil étang.
Ses berges encore sauvages ressemblent aux paysages
Que connurent nos parents quand ils étaient enfants.

Une barque y oscille, toujours hospitalière,
Quelques planches de bois, en fait, un univers,
Où l’on peut à loisir dormir ou méditer,

Selon son bon plaisir, noircir quelque papier,
Compulser les ouvrages des penseurs d’autrefois
Qui lisent nos écrits avec un air narquois,

Observer un héron, silhouette squelettique,
Ou dans sa cape noire, son compère le freux,
Songer avec regret aux cafés enfumés
Où, quand tombe le soir, certains propos oiseux
Prennent au fil des verres un tour philosophique

Stahlder

Voyages voyages

image de Pierette

Jonglant avec de blancs croissants de lune
Sur l’échine des flots mouvants comme des dunes,
Des funambules mangeurs d’étoiles
Pourchassaient des aurores boréales…

Habités par une folle audace
Leurs enfants sur des mers de glace
Avec leurs traîneaux et leurs chiens
Tracèrent de nouveaux chemins

Le long des lignes magnétiques
Ils traversèrent l’Antarctique
Dans de blancs tourbillons déments…

Perdus dans un brouillard d’encens
Voguant sur des images dites psychédéliques,
Les hippies, peuple chevelu,
N’en sont pas encore revenus…

Stahlder

Complainte du malaimé

image de Pierrette

Les bipèdes ne me vouent que frayeur et mépris
Mon coeur est noyé d’ombre en cette heure boréale
La lumière indécise tisse une toile spectrale
Je plane dans le ciel qu’un orage obscurcit

Je ne sais d’où leur vient cette rancune vivace.
Jamais je n’incarnai la moindre des menaces,
Ni le jour ni la nuit, ni de près ni de loin
Jamais je ne m’en pris à eux ni à leurs chiens

J’aurais tant voulu être l’objet de leur amour
Échapper au carcan d’une froide solitude
Et réchauffer mon âme en une douce quiétude

Mais le sort qui soumet tous les êtres à sa loi
En déplumant mon cou, en altérant ma voix
Me condamne au dédain, moi, un pauvre vautour…

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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