Froidure

image de Pierrette

Le soleil est de glace, et ses rayons sont gris,
La faux du vent taillade le visage des passants
Pourtant dans de grands cols quasi ensevelis.

Les arbres aussi frissonnent dans leur manteau de bois,
Leurs chevelure éparse sur la terre durcie,
Est foulée aux pieds par une foule rembrunie

La neige tarde, amie des enfants et des chiens,
Les chats pelotonnés au creux de leurs coussins,
Composent des haïkus en argot québécois

Stahlder

Nostalgie

image de Pierrette

Caché parmi les champs sommeille un vieil étang.
Ses berges encore sauvages ressemblent aux paysages
Que connurent nos parents quand ils étaient enfants.

Une barque y oscille, toujours hospitalière,
Quelques planches de bois, en fait, un univers,
Où l’on peut à loisir dormir ou méditer,

Selon son bon plaisir, noircir quelque papier,
Compulser les ouvrages des penseurs d’autrefois
Qui lisent nos écrits avec un air narquois,

Observer un héron, silhouette squelettique,
Ou dans sa cape noire, son compère le freux,
Songer avec regret aux cafés enfumés
Où, quand tombe le soir, certains propos oiseux
Prennent au fil des verres un tour philosophique

Stahlder

Voyages voyages

image de Pierette

Jonglant avec de blancs croissants de lune
Sur l’échine des flots mouvants comme des dunes,
Des funambules mangeurs d’étoiles
Pourchassaient des aurores boréales…

Habités par une folle audace
Leurs enfants sur des mers de glace
Avec leurs traîneaux et leurs chiens
Tracèrent de nouveaux chemins

Le long des lignes magnétiques
Ils traversèrent l’Antarctique
Dans de blancs tourbillons déments…

Perdus dans un brouillard d’encens
Voguant sur des images dites psychédéliques,
Les hippies, peuple chevelu,
N’en sont pas encore revenus…

Stahlder

Complainte du malaimé

image de Pierrette

Les bipèdes ne me vouent que frayeur et mépris
Mon coeur est noyé d’ombre en cette heure boréale
La lumière indécise tisse une toile spectrale
Je plane dans le ciel qu’un orage obscurcit

Je ne sais d’où leur vient cette rancune vivace.
Jamais je n’incarnai la moindre des menaces,
Ni le jour ni la nuit, ni de près ni de loin
Jamais je ne m’en pris à eux ni à leurs chiens

J’aurais tant voulu être l’objet de leur amour
Échapper au carcan d’une froide solitude
Et réchauffer mon âme en une douce quiétude

Mais le sort qui soumet tous les êtres à sa loi
En déplumant mon cou, en altérant ma voix
Me condamne au dédain, moi, un pauvre vautour…

Stahlder

Demeure rêveuse

Blason de la famille Hasler

Scellée dans des frontières que dévore le lierre
Une antique maison rêve de tous les endroits
Qu’évoquaient les humains qu’elle connut autrefois
Ces images revivent au coeur des vieilles pierres

Battus par de grands vents, les arbres, ses voisins,
Lui parlent des lignées d’hivers interminables
Où ses hôtes blottis contre la cuisinière
Retardaient le moment d’aller dresser la table

Les toiles d’araignées vibrent dans la lumière
Composant pour elle seule d’étranges symphonies
Son âme se réjouit de ces sons argentins

D’invisibles souris trottant dans la poussière
Dessinent des rébus empreints de poésie
Sur ses planchers vêtus d’un tapis de  prière

Stahlder

Babel

image de Pierrette

Autrefois, nous dit-on, dans le Croissant fertile,
Des hommes s’étaient unis, des maçons fort habiles,
Pour construire une tour s’élevant jusqu’à Dieu

Par leur langue commune liés en une gerbe,
Ils oeuvraient en chantant, habités par le Verbe
Et l’écho de leurs voix ébranlait jusqu’aux cieux

Soudain, comme en un rêve, le miroir de l’étrange,
Se fond en un brouillard le sens de leurs échanges…
Chacun en son langage ayant fait ses adieux,

Partit vers le couchant, condamné à se taire,
Comme sur nos écrans le cow-boy solitaire
Répondant à l’appel d’un signe mystérieux

Stahlder

Buveurs mélomanes

image de Pierrette

Avec mes fidèles compagnons
Chaque jour nous levons le coude
Autour de la bière qui nous soude
Basses, ténors et barytons

Mon nez, un vivant lumignon
De notre taverne est l’enseigne,
Jamais n’y volent de châtaignes
Quand nous chantons à pleins poumons

Puis, quand la lune, depuis les cieux,
Nous murmure de faire nos adieux,
Dociles, nous prenons la tangente
Posément, comme au ralenti.

Notre chant vibre dans la nuit
Et un noctambule applaudit
Ce cortège de tortues qui chantent…

Stahlder

La Tour prends garde….

D’après Cochonfucius

Notre esprit n’est, je crois, qu’une tour fort branlante,
Ses fondations à l’aube de notre courte vie
Nous les creusâmes sans nous faire aucun souci,
Puis une pierre après l’autre, en une hâte lente,

Chaque jour nous l’édifiâmes, plus ou moins de guingois,
(Même ceux convaincus, les sots, de penser droit)
Parfois, au fil des ans, patients, nous remplaçâmes
Ses moellons érodés par les assauts du temps…

Riant des comédies ou pleurant face aux drames
Qui se jouent dans le monde, au passé, au présent,
Campés sur sur ses remparts, tout près du firmament,

Sous le brouillard vorace qui l’escamote en douce
Le doute parfois nous ronge tel un tapis de mousse…

Est-elle aussi solide que nous l’avions rêvée ?
Ses briques élémentaires comme celles de l’univers
Par une force puissante à jamais assemblées ?

Stahlder

L’Etre et le Néant

image de Pierrette

« Le Néant dit à l’Être « Je suis un gouffre obscur
Que nul ne put sonder, Le Vide est ma nature.»
L’Être dit au Néant « je suis celui qui est »
Le Néant répondit : «Définis ce concept »
« Il est, celui qui naît »
« Et que veut donc dire naître ? »
« C’est advenir à l’Être »
« Ta pensée tourne en rond. »
« Elle me semble très claire, sur la forme et le fond »
« Dis moi ce qu’est la forme, aussi ce qu’est le fond ! »
« Pour un gouffre, dis moi, tu n’es pas très profond »
Tous deux, lors, s’inclinèrent, puis tournant les talons,
Chacun reprit le cours de sa méditation…

Stahldler

Tea Party

image de Pierrette

N’avons-nous pas souvent rêvé
De siroter une tasse de thé
De l’autre côté du miroir,
Coiffés d’un petit entonnoir,

Riant aux mille facéties
Du Chapelier, de ses amis,
Du Loir écoutant les histoires,
En tirant des chansons à boire.

Face au Lièvre par mimétisme,
(Un effet de son magnétisme)
Nous transformant, quelle bonne farce,

Puisqu’il est du signe de mars,
Sans barguigner, chose facile,
Soudain en un Poisson d’avril

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.