Rêverie de félin

Image de Pierrette

Un chat qui somnolait dans sa queue enroulée
Sur le papier glacé d’une bande dessinée
En parcourut en songe les pages illustrées

Le héros de l’album était un félidé
Qui pour avoir croqué un perroquet bavard
De la parole humaine sitôt maîtrisa l’art
Comme le grand Isée, en rhéteur consommé,
Il agençait ses mots d’une langue déliée

Notre chat dans son rêve étudia la Torah
Les textes du Talmud et puis Zarathoustra
Les sourates commentées par des maîtres sufis
Les antiques Vedas et les dits du Bouddha
Les poèmes inspirés de Saint Jean de la Croix

Puis, chassant ces nouveaux savoirs de son esprit
Partit à la recherche d’une tendre souris

Stahlder

Le Maître et le Disciple

image de Pierrette

Le jeûne du Bouddha fit couler beaucoup d’encre
Son sourire est fécond du babil des oiseaux
Qui peuplent les figuiers des pays tropicaux
Sous son arbre, immobile comme une barque à l’ancre,
Le chat sourit aussi, espérant un festin,
ignorant le karma, la loi des renaissances
Il vit au jour le jour, heureux de faire bombance,
Et pour trouver la Voie écoute son instinct

Stahlder

Le Chat divin

Image de Pierrette

Momifier le bon Dieu ma foi, ne sert à rien
Lui construire des temples, y brûler de l’encens
Faire des processions tout comme en d’autres temps
de nobles sacrifices aux esprits des anciens

Le divin Spinoza polissant ses lunettes
voyait dans la nature un sentiment commun
depuis l’animalcule dans un soupçon d’embruns
jusqu’au barissement de quelque grosse bête

Le matou qui folâtre dans un rai de soleil
bâille en me regardant dénombrer les merveilles
de ce monde enchanté des Pythagoriciens

Il sourit en secret, lui sait qu’il me transcende
puis s’étire et se gratte, réclamant une offrande
Comme autrefois Bastet aux prêtres égyptiens

Stahlder

Tabac bénéfique

image de Pierrette

Voyez ce démon anémique
Qui au Bon Dieu faisait la nique
Le voilà tombé en digue digue
Sur le parvis d’une basilique

Un pauvre mendiant famélique
Entendant sa muette supplique
Lui offrit un bout de sa chique

C’est un remède fort pratique
Contre l’angoisse métaphysique
Les philosophes du Portique
En usaient dans les temps antiques

En fit la preuve analytique
Une thèse très didactique
Fleuron du monde académique

Stahlder

Chouette, une chouette !

Blason de Nant-le-Grand

……….. Son regard traversant le mur des apparences
Une grande Dame blanche, l’effraie de nos clochers,
Déploie ses larges ailes dans le ciel étoilé…
……………..
……………………………………

La chouette est un oiseau qui chérit la Sagesse.
Perchée au temps jadis au bras d’une déesse,
Elle inspira le roi d’Ithaque aux mille tours
Balloté par les flots tant la nuit que le jour

Dans ses yeux se reflètent les phases de la lune
Orchestrant le destin des loups qu’on dit garous
Mais aussi les lubies des poètes et des fous
Qui se rient de tous ceux qui traquent la fortune

Si l’on fit de la chouette un oiseau de malheur,
Dûment suivi d’un point d’exclamation son nom,
Dans le langage encore innocent de l’enfance,
Annonce au quotidien quelque petit bonheur

Stahlder

Ode au Sergent Major

image de Pierrette

Les délires qui batifolent
Çà et là sur le papier
Forment une farandole

Y dansent les pleins et déliés
Qu’on apprenait à l’école
Sanglés dans nos tabliers

Une image sans doute hardie
Car notre main aujourd’hui
Pianote sur un clavier

Mais c’est au fil d’une plume
Transcrivant dans un cahier
La Cigale et la Fourmi

Que naquit d’ un encrier
Par une journée de brume
L’amour de la poésie

Stahlder

Dévotions

image de Pierrette

Certains ont fait un temple consacré de leur corps
Ils visitent pieusement spas et salles de sport
Lui portent des offrandes certifiées diététiques
Alternant les boissons et barres énergétiques

Les autres, tel Churchill, grand fumeur de cigares,
Ou simples indolents voire même paresseux,
Les plaignent de célébrer ce faisant de faux dieux,
Transpirant sang et eau pour leur plus grande gloire

Que nos corps soient ou non de nobles sanctuaires
Notre âme est sans conteste un étrange lieu de culte
Où vivent des puissances qu’on qualifie d’occultes

Mi-anges mi-démons, s’affrontant sans répit
Pour régner, souveraines, sur nos faibles esprits
Animés, ici-bas, d’une flamme éphémère

Stahlder

Vita brevis…

Blason de Saint Denis de L’Hôtel

La vie est une flamme brève qui s’arrose par temps chaud
Chez les hommes, chez les bêtes, et chez les végétaux

Mariant ainsi le feu et l’eau
Une biche tous les jours au bord d’une rivière
Au coucher du soleil vient et se désaltère
Les branches d’un bel arbre lui servent d’éventail.
Les pêcheurs, ayant tous plié leur attirail,
Se vantent de leurs prises devant un verre de bière.
Vibrant hommage au vieil Ovide
Au fur et à mesure que leurs chopes se vident
L’humble ablette se mue en une carpe altière
La plante dans un pot posée sur le comptoir
Se moque de leurs histoires, un oeil sur l’arrosoir
Que remplit en souriant l’accorte tavernière

Pour les hommes, pour les bêtes, et pour les végétaux
La vie n’est qu’une flamme brève qui s’arrose par temps chaud

Stahlder

Demeure évanescente

image de Pierrette

Derrière l’écran des murs d’une antique demeure enfouie dans la broussaille
Se promènent çà et là quelques formes sans âge
Comme des ombres fugaces, voire des jeux de lumière,
Sans plus de consistance que n’ont les courants d’air.

Pour l’étranger perdu, errant dans ces parages,
Elles revêtent les traits de divers personnages
Croisés dans quelque livre ou lors de funérailles
Parmi les faces blêmes de familles en noir.

Laissant loin derrière lui ce fouillis de feuillage
Quand, attablé devant une cruche de bon vin,
Il évoque ce spectacle à l’auberge du coin
Nul parmi les convives ne se souvient avoir
De sa vie aperçu cette maison bizarre.

Lors, massant lentement ses pieds endoloris,
Il hausse les épaules et se frottant les yeux
Blâme du jus de la treille les effets pernicieux.
Mais tapis dans un coin secret de son esprit
Sourient les habitants d’une antique demeure enfouie dans la broussaille…

Stahlder

Frugalité

Ordre des Franciscains

Un roi se fit anachorète
Jetant sa couronne aux orties
Il s’en fut vivre parmi les bêtes
Dans quelque manoir décrépit

Cheminant avec sa gamelle
Comme les pauvres franciscains
Se contentant de trois airelles
Ou du bout d’un quignon de pain
Chipé aux poules de ses provinces

Ainsi ferai-je disait un prince
S’endormant après un festin
Mais il remettait le matin
Sa décision au lendemain

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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