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Lutèce sous la neige est comme inanimée ;
Car les passants chez eux se sont tous retirés.
Dans les eaux de la Seine, il ne peut se mirer,
Ce ciel qui voit d’en haut la crue inentamée.
Mon bus ne suivra pas sa ligne accoutumée ;
Quant aux quelques taxis, ils se font désirer.
Jours de neige, vraiment, qui vous peut adorer ?
Un rhapsode rêveur ? Une muse enflammée ?
Les hivers de jadis, j’aime à m’en souvenir,
Ces jours que je désire en mon coeur retenir ;
Et des vents déchaînés l’effrayante victoire.
À ces jours révolus nous nous sentons liés,
Et si l’âge nous fait toute chose oublier,
Toujours quelques flocons seront dans ma mémoire.
