
Encre de Peng Xiancheng
Dis, ma vie, ai-je su te construire en droiture ?
Peut-être pas. Sachant que chacun est mortel,
J’ai trop entretenu mon penchant naturel
A prendre l’existence avec désinvolture.
Parfois, je fus tenté de forcer ma nature
Et de me lancer dans des trucs exceptionnels ;
Mais une âme rétive aux envols passionnels
Préférera le calme aux folles aventures.
C’est pourquoi tu me vois, assis paisiblement,
Lisant un vieux bouquin, un traité, un roman ;
Sur un coin de la table, une boîte de bière.
Et parfois, cependant, une envie de penser
Dans mon esprit dormant se surprend à danser…
Je pose alors mon livre, et j’éteins la lumière.
