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Moulin démesuré, voilure colossale,
Mais le vent par ici ne souffle plus du tout ;
Sur le manque de blé veille un maigre matou,
Et sur la meule qui d’Eole fut vassale.
Au coin du bois le pâtre entend hurler un loup,
Mais il n’en pense rien, cette chose est normale ;
Ici chantent toujours quelques voix animales,
Le vieux moulin s’endort aux notes du hibou.
Le meunier qui jadis valait plus qu’un orfèvre
Est parti s’exiler en des terres de fièvre ;
Sa chemise est toujours imbibée de sueur.
Quand vient un calme plat, nous sommes sans défense,
L’intelligence en nous n’est plus qu’une lueur
Éclairant vainement du grand souffle l’absence.
